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	<title>les mots du sens</title>
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	<description>le sens est une asymptote</description>
	<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 02:31:49 +0000</pubDate>
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	<language>fr</language>
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		<title>84.  Synèses</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 02:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

		<category><![CDATA[Bertaud du Chazaud]]></category>

		<category><![CDATA[Brochard]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut, pour comprendre la difficulté, se reporter à la phrase de Brochard, déjà citée :  « La croyance est autre chose que la connaissance ;  s&#8217;il est nécessaire de comprendre pour croire, il ne suffit pas de comprendre pour croire. »  Une deuxième figure permet de réorganiser les notions.  On trouvera toute la discussion dans l&#8217;introduction à l&#8217;hypothèse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut, pour comprendre la difficulté, se reporter à la phrase de Brochard, déjà citée :  « La croyance est autre chose que la connaissance ;  s&#8217;il est nécessaire de comprendre pour croire, il ne suffit pas de comprendre pour croire. »  Une deuxième figure permet de réorganiser les notions.  On trouvera toute la discussion dans l&#8217;introduction à l&#8217;<a title="croire ou savoir ?" href="http://www.docschnauzer.net/dis12.html">hypothèse gamma</a> Γ.</p>
<p><img src="http://www.docschnauzer.net/connaissance.png" alt="" width="195" height="80" /></p>
<p>Ce n&#8217;est pas à cela qu&#8217;aboutit la discussion de l&#8217;hypothèse, qui rejette la préséance de la connaissance dans la croyance, en tout cas dans un premier temps, qui serait l&#8217;égal d&#8217;un savoir.  Comme la forme ‘connaître que’ a quelque chose de louche, j&#8217;adopte pour Γ l&#8217;expression « avoir connaissance que ».  Équivalent de « avoir un état de conscience », cette forme tiède sinon pâle permet la bifurcation du schéma ci-dessus (qui n&#8217;est pas une synèse) et permet à ceux qui tiennent quelque chose pour vrai (c&#8217;est la formule consacrée dans les dictionnaires) de croire c&#8217;est une forme de connaissance.</p>
<p>Illustration :  comme le sommeil me fuyait, j&#8217;ai passé un bon moment hier soir à essayer de me remémorer l&#8217;ordre exact des syllabes dans le mot anglais ‘serendipity’, exercice anagrammatique suivi de cauchemars et d&#8217;un trop bref repos.  Néanmoins quand j&#8217;ai retrouvé mes lunettes à l&#8217;aube, j&#8217;ai constaté que ce qui m&#8217;échappait hier soir m&#8217;est venu spontanément ce matin.  Le rapport.  La différence entre connaître et savoir (sans entrer dans la discussion de l&#8217;hypothèse Γ).  Mais la discussion porte ici en réalité sur les rapports que ne voyait pas Victor Brochard (1884).</p>
<p>Il s&#8217;imagine à tort que la compréhension est un préalable à la croyance, mais qu&#8217;elle n&#8217;est pas une condition suffisante, alors que la croyance n&#8217;a besoin (en dehors du sujet) que d&#8217;un objet et d&#8217;une conviction (adhésion).  Tous les dictionnaires s&#8217;accordent à définir ‘croire’ par ≝ tenir pour vrai.  Or <em>tenir</em> ne s&#8217;analyse pas en termes de compréhension, mais uniquement par « considérer, regarder comme ».</p>
<p>Il aurait pu tout aussi bien écrire que <em>la connaissance est autre chose que la croyance.  S&#8217;il est nécessaire de croire pour connaître, la croyance ne suffit pas à la connaissance.</em> On remarque (sans désir de polémique) qu&#8217;il saute allégrement de la connaissance à la compréhension alors que ce sont elles qui sont conditions l&#8217;une de l&#8217;autre.</p>
<p>Évidemment, cette zone du lexique est trouble, car celui qui dit « je pense que c&#8217;est vrai » sait-il qu&#8217;il ne pense pas ?  et qu&#8217;il ne fait que donner une opinion ?  Surtout :  pense-t-il qu&#8217;il sait ?  La figure la plus neutre comme synèse de départ est un triangle, où les termes sont à peu près à égalité.</p>
<p><img style="width: 182px;height: 94px" src="http://www.docschnauzer.net/coco.png" alt="coco.png" /></p>
<p>L&#8217;examen de ‘connaître’ (je parle uniquement de sa définition et non de sa distribution) indique que le fait de connaître {avoir dans l&#8217;esprit} résulte d&#8217;un acte antérieur d&#8217;acquisition, d&#8217;une part et de l&#8217;autre, qu&#8217;il existe un degré de connaissance.  L&#8217;examen de ‘comprendre’ confirme à son tour la nécessité d&#8217;une connaissance pour qu&#8217;ait lieu une compréhension (pour laquelle je me suis permis de retenir deux acceptions, le fait d&#8217;appréhender (saisir par l&#8217;esprit), et de percevoir le sens de qqch (le <a href="http://www.cnrtl.fr/definition/comprendre">TLF</a> est très détaillé — II A 1).</p>
<p>En plus du TLF, j&#8217;ai consulté le dictionnaire de l&#8217;Académie, Le Larousse en ligne, SensAgent et le PR.  Contrairement à ce que suppose Brochard, ‘croire’ n&#8217;appartient pas à l&#8217;intersection des deux autres.  Seul le thésaurus analogique de SensAgent fait un rapprochement, qui ne me convainc pas.</p>
<p>Dans la synèse d&#8217;ensemble, ci-dessous, le sujet est implicite (du fait de la présence d&#8217;<em>esprit</em>), et le seul lien de ‘croire’ avec ‘comprendre’ et ‘connaître’ est l&#8217;objet qu&#8217;il peuvent avoir en commun.  L&#8217;autre point commun, ‘esprit’, permet de construire une synèse distincte, plus bas.</p>
<p><img style="width: 271px;height: 178px" src="http://www.docschnauzer.net/cocom.png" alt="cocom.png" /></p>
<p>J&#8217;ai maintenu les relations au minimum par souci de clarté (deux relations ou plus peuvent cohabiter entre deux points et peuvent varier d&#8217;un point à l&#8217;autre du trait qui les lie) :  L&#8217;intersection rattache ‘idée-esprit-sens’, et la lecture peut se faire dans les deux sens, mais avec l&#8217;implication, c&#8217;est plus délicat :  connaître ⇒ idée et esprit ;  ‘comprendre’ implique ‘connaître’ et ‘esprit’ et ‘sens’.  Enfin, ‘connaître’ et ‘comprendre’ impliquent ‘objet’.</p>
<p>L&#8217;intersection ‘idée-esprit’ peut être orientée et se lire comme appartenance idée ∈ esprit.  Pour mieux situer le schéma d&#8217;abord proposé pour la phrase de Brochard, on le comparera à celui qui précède.</p>
<p><img style="width: 263px;height: 107px" src="http://www.docschnauzer.net/brochard.png" alt="brochard.png" /></p>
<p>Imaginons un lecteur en désaccord avec l&#8217;énoncé (ce qui n&#8217;est pas difficile pour moi) :  la synèse qui se forme chez lui n&#8217;est pas la réplique de celle que sous-tend la phrase.</p>
<p><img style="width: 230px;height: 114px" src="http://www.docschnauzer.net/coco1.png" alt="coco1.png" /></p>
<p>La différence est maintenue, mais le rapport entre ‘croire’ et ‘comprendre’ disparaît et ‘croire’ n&#8217;implique plus la ‘connaissance’.</p>
<p><img style="width: 170px;height: 133px" src="http://www.docschnauzer.net/croire1.png" alt="croire1.png" /></p>
<p>Sans affirmer que les synonymes se présentent par trois, la synèse se prête certainement à leur représentation, en particulier si l&#8217;un des nœuds est la condition de l&#8217;équivalence des deux autres, abstraction faite du critère absurde de primauté de la syntaxe de Bertaud du Chazaud :  illico—sur-le-champ—immédiatement ;  faire la roue-se pavaner-se rengorger.  C&#8217;est d&#8217;ailleurs la question que j&#8217;aborderai prochainement, avec la série rendue célèbre par Saussure :  craindre-redouter-avoir peur.</p>
<p><strong>schnauzer</strong></p>
<p><img style="width: 713px;height: 400px" src="http://www.docschnauzer.net/cococro.png" alt="cococro.png" /></p>
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		<title>83.  Du schème à la synèse</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/09/06/83-du-scheme-a-la-synese/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 03:09:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai déjà introduit ce mot vieilli (je parle de la synèse), avec sa définition d&#8217;origine, « assemblage régulier de mots », auparavant, mais c&#8217;est surtout dans De l&#8217;inférence sémantique qu&#8217;il en a été question, car c&#8217;est là qu&#8217;elle est apparue pour la première fois.  Ma source est le Grand Larousse du XXe siècle (1928-1933) :  il aurait été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai déjà introduit ce mot vieilli (je parle de la <em>synèse</em>), avec sa définition d&#8217;origine, « assemblage régulier de mots », auparavant, mais c&#8217;est surtout dans <a href=".html#">De l&#8217;inférence sémantique</a> qu&#8217;il en a été question, car c&#8217;est là qu&#8217;elle est apparue pour la première fois.  Ma source est le <em>Grand Larousse du XX<sup>e</sup> siècle</em> (1928-1933) :  il aurait été <em>Littér.</em> et le mot grec d&#8217;origine signifie {jonction}.  Le TLF signale qu&#8217;il en est fait mention dans le dictionnaire de l&#8217;Académie (complément 1842).  On ne confondra pas avec <em>synthèse</em>, dont il est aussi question dans mon dernier grand texte, notamment comme procès cognitif, <a href="dis5a.html#synment">synthèse mentale</a>, avec Ribot et Duprat, mais aussi avec <a href="dis5a.html#sfp">Frédéric Paulhan</a>, son principal partisan.</p>
<p><a href="dis5a.html#sra"> Les schèmes de Revault d&#8217;Allonnes</a> sont introduits à la même page web, avec une brève discussion du problème de définition que présente la notion.  À ce sujet, la mention que fait le TLF de Renan m&#8217;avait échappé :  « description, représentation mentale réduite aux traits essentiels d&#8217;un objet ou d&#8217;un processus » (Renan, <em>Avenir sc.</em>, p. 179).  Il n&#8217;y a cependant dans ce dictionnaire de plus de 100 000 mots pas mention de Revault d&#8217;Allonnes, qui s&#8217;inspire pourtant de Kant.  Ricœur est cité à propos du langage, comme s&#8217;il était linguiste.  On se demande d&#8217;ailleurs à quoi correspond la citation de Malraux dans la même section, un autre linguiste.  La linguistique était à la mode dans les années soixante-dix, mais Malraux est alors nettement un devancier.</p>
<p>Si à quelque moment, on peut avoir des doutes sur la différence réelle entre la synèse et le module verbal, on n&#8217;y verra pas de ma part une mise en abyme de la confusion qui règne à propos de schème au sens de pattern ou de structure de phrase (le TLF cite Dubois <em>et al.</em> « schème de phrase :  Type de phrase défini par les règles de combinaisons de ses constituants ».</p>
<p>La confusion est signée Ricœur :  « Le langage, avec ses schèmes verbaux, grammaticaux, syntaxiques, institue une continuité et une symbolisation mutuelle entre le sens de ma pensée, le sens de ma parole, le sens de mon action. »  Il lui donne le nom de similitude.  Quand j&#8217;étais enfant, on disait « kif-kif bourricot », cas type de la symbolisation mutuelle.</p>
<p>Le Larousse sur Lexilogos donne trois sens, le dernier artistique, le second, piagetien, a quelque chose du schème de Revault d&#8217;Allonnes, mais donne en premier :  « Ensemble de concepts permettant de se faire une image de la réalité en résumant les éléments disparates de cette réalité à l&#8217;aide d&#8217;instruments fournis par la raison », ce qui ressemble à ce que je considère comme le référentiel, mais avec un parfum kantien.  Je veux bien croire à la diversité de la réalité, mais que les éléments en soient « disparates » ?</p>
<p>C&#8217;est la discussion des connexions sémantiques (à partir de la synthèse paulhanienne) qui inaugure l&#8217;emploi de synèse.  Dans « De l&#8217;inférence sémantique », je note :  <a href="http://www.docschnauzer.net/dis5a.html#gldup">G.-L. Duprat (1913)</a> fait de la synthèse l&#8217;équivalent d&#8217;une série de représentations :  « séries d&#8217;évocation ou synthèses représentatives » dont il donne comme exemple [troupeau, berger, paysage, montagne, maison, arbres] à partir du « terme inducteur (chèvre) ».  Et la synèse est née (enfin, sa première représentation).</p>
<p><img src="http://www.docschnauzer.net/chevre.png" alt="" width="272" height="162" /></p>
<p>Je ne reprends pas ici toute la discussion des mérites du schème contre la synthèse ;  disons que comme les schèmes de Revault d&#8217;Allonnes ou la synthèse de Duprat, la synèse est un élément d&#8217;organisation de la cognition linguistique, et, <em>a priori</em> n&#8217;est pas spécifiquement grammatical (il est alors plutôt un module, à cases [paradigmes] vides), ni limité aux connexions représentatives du sens (il y a des synèses référentielles et, on le suppose, de l&#8217;ordre de la signification, organisées autour du « je », du « on » et du « nous »).  La synèse vient boucler la boucle, comme elle finit par relier aussi bien les éléments de sens, de référence que de signification.</p>
<p>Ici je me contenterai pour l&#8217;instant des synèses sémantiques, mais on retiendra que l&#8217;autonomie de la synèse est relative, qu&#8217;elles sont superposables en un ou plusieurs points (leurs « pôles »), qu&#8217;elles peuvent se complexifier, mais subsistent rarement comme grands ensembles structurés.  L&#8217;exemple inspiré de Duprat ci-dessus est déjà ambitieux, bien qu&#8217;on puisse songer y ajouter un absent :  ‘vallée’.  Y a-t-il un chien dans un troupeau de chèvres ?  Quoi qu&#8217;il en soit la synèse est décomposable et recomposable.  ‘montagne-paysage-arbre’ peuvent se détacher avec ou sans ‘maison’.  Il n&#8217;y a pas pour moi de mot inducteur, comme il ne s&#8217;agit pas de psychologie.  L&#8217;emphase peut passer d&#8217;un terme à l&#8217;autre dans un état cognitif.</p>
<p>On insistera moins sur les « instruments fournis par la raison » que signale Larousse que sur les intérêts du moment et la fréquence d&#8217;utilisation (comme de tout fait de conscience mnésique).  Comme le schème de Revault d&#8217;Allonnes, la synèse est assez ambitieuse, mais je ne prétendrai pas rendre compte de toutes les opérations de pensée, <a href="http://www.docschnauzer.net/dis5a.html#synbatbre">comme il le fait</a>.</p>
<p>Les synèses qu&#8217;on trouve dans l&#8217;encyclopédie [du sujet] sont des assemblages analogues aux sémiotaxies et, comme je l&#8217;ai déjà signalé, aux modules.  Les premiers exemples de Revault d&#8217;Allonnes sont également de cet acabit.</p>
<p>(1) (brebis-allaitant-agneau.)</p>
<p>(2) (agneau-tétant-brebis.)</p>
<p>Ici même je reprendrai à la discussion définitoire qui préface l&#8217;hypothèse gamma Γ non les substantifs, mais les verbes comme exemples :  connaître-croire-comprendre.</p>
<p>Mais n&#8217;allons pas trop vite en besogne.  Comme le mot ‘connexion’ était « déjà chargé d&#8217;acceptions diverses sinon contradictoires », il m&#8217;a donc semblé utile de me tourner vers un vocable disparu de nos discours, mais qui rendait bien la notion qu&#8217;on cherche à isoler avec l&#8217;idée d&#8217;une connexion lexicale ou sémantique.  On peut imaginer la forme discursive d&#8217;une synèse dans les termes qu&#8217;André Lalande (1914) donnait à une connexion :  « Tout individu qui est homme est aussi mortel ».  La synèse pourrait aussi compter Socrate parmi ses nœuds (ou « pôles »).  La particularité de la synèse, que ne semble pas posséder le schème de <a href="dis5a.html#rdal">Revault d&#8217;Allonnes</a>, c&#8217;est la possibilité de marquer le rapport entre deux points autrement que par un trait continu ou un pointillé, comme il s&#8217;agit de micro-sémiogrammes.  On ne pose pas la synèse en rivale du schème kantien même si la philosophie faisaient de la ressemblance et de la contrariété une relation entre choses.</p>
<p>La synèse ne remplace pas non plus le sémiogramme (devenu sagittal relationnel, dans sa version fléchée), qui reste un outil de la théorie, comme le <a href="http://www.docschnauzer.net/azz.html#mma">modèle (ou matrice) métalinguistique d&#8217;analyse</a>, résidu de mon étude de la redondance.  La synèse est cognitive.  L&#8217;état de conscience qui prend le nom d&#8217;idée, de notion ou de concept appartient d&#8217;emblée à différentes synèses où il est en rapport avec ses éléments de définiton les plus pertinents, ses éléments de sens, ses modules et ses relations privilégiées, susceptibles, dans une analyse susceptible d&#8217;être coordonnée en sémiogrammes.</p>
<p>Lorsque j&#8217;ai évoqué l&#8217;utilisation de la synèse pour la première fois, je l&#8217;ai d&#8217;emblée considérée comme un micro-sémiogramme.  Autrement dit, une synèse assemblant trois notions ou trois termes, selon le point de vue, comporte au minimum déjà deux relations sinon trois, dans le cas où la synèse formerait un triangle.  Il n&#8217;y a là rien de métaphysique.  Une synèse peut se former sans que la ou les relations ne soient identifiées par le sujet.  Cela correspond à la relation indifférenciée, ℛ, mais d&#8217;un point de vue sémantique, si en outre la synèse assemble des termes pouvant entrer en cooccurrence, cette relation indifférenciée peut être marquée par l&#8217;intersection, comme la non-intersection marque une rupture dans une suite sémantique.</p>
<p>J&#8217;aurais pu opter pour le terme plus courant de « corrélation », pour rappeler les recherches de Silvio Ceccato (<em>Scuola operativa italiana</em>), mais d&#8217;une part, les statistiques ont déteint sur son sens en le chargeant d&#8217;une signification et de l&#8217;autre, le rapport n&#8217;est pas nécessairement réciproque comme dans le cas des corrélatifs.</p>
<p>En outre, les connexions devenues <em>synèses</em>, sans être ni synthèse ni association ni fusion, permettent de rendre compte des rapports qui se forment au cours d&#8217;une opération cognitive :  l&#8217;interaction qu&#8217;observait Vendryès était la forme d&#8217;organisation sollicitée par la compréhension, c&#8217;est-à-dire des interdéfinitions relativement limitées, dont la synèse peut très bien rendre compte.  Avec les synèses, il ne s&#8217;agit pas ici de <em>classement</em> en fonction de ressemblance ou de contiguïté — la contiguïté sémantique exclut en particulier la succession (sauf dans le sens des termes qui en rendent compte, comme <em>avant, pendant, après</em>), et l&#8217;analogie se vérifie normalement par l&#8217;emploi de l&#8217;opérateur « comme ».   Les synèses ne sont donc pas des synthèses sous quelque forme que prennent celles-ci et ne sont pas « fixes » ni non plus le résultat de « fusion ».</p>
<p>La synèse part du principe qu&#8217;aucun mot n&#8217;est « connu isolément ».  Mais ce mot peut être connu dans un environnement différent de celui où il réapparaît.  On se gardera donc de supposer que la compréhension d&#8217;une phrase n&#8217;est que la reconnaissance d&#8217;une série de synèses.  On se souviendra que l&#8217;interprétation d&#8217;un énoncé ne se réduit pas à la mise en œuvre d&#8217;une synèse, quelque banale que soit la chaîne linguistique à interpréter.  Si la banalité a un rapport quelconque avec la fréquence, on ne peut pas réellement en déduire qu&#8217;elle a un sens plus précis ou mieux connu.</p>
<p>L&#8217;exemple que je me proposais d&#8217;examiner part de la phrase de Victor Brochard :  « La croyance est autre chose que la connaissance, affirme-t-il, s&#8217;il est nécessaire de comprendre pour croire, il ne suffit pas de comprendre pour croire. »</p>
<p><img src="http://www.docschnauzer.net/brochard.png" alt="" width="263" height="107" /></p>
<p>On note d&#8217;emblée le hiatus entre comprendre et connaissance, qui ne justifie même pas un pointillé ;  toutefois la synèse n&#8217;est pas nécessairement un instrument d&#8217;analyse.  ≠ (différence), ⇒ (implication), ˥=  est un signe <em>ad hoc</em> qu&#8217;on lira « n&#8217;égale pas ».</p>
<p>Les synèses qu&#8217;on peut envisager avec ces notions sont reportées à la prochaine livraison.  <strong>schnauzer</strong></p>
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		<title>82.  La règle d&#8217;inférence : ses conditions (2)</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/09/04/82-la-regle-dinference-ses-conditions-2/</link>
		<comments>http://schnauzer.asonblog.com/2010/09/04/82-la-regle-dinference-ses-conditions-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Sep 2010 04:06:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

		<category><![CDATA[axiologie]]></category>

		<category><![CDATA[conjecture]]></category>

		<category><![CDATA[signification]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais indiqué un peu rapidement, dans l&#8217;énumération des conditions, au n° 80, que l&#8217;on pouvait ranger l&#8217;interdéfinition (comme relation) parmi les autres relations et la subordonner ainsi à la condition conjecturale au même titre que les autres relations, mais l&#8217;exemple de la condition 5, avec son association péjorative montre qu&#8217;une condition relationnelle indépendante de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;avais indiqué un peu rapidement, dans l&#8217;énumération des conditions, au n° 80, que l&#8217;on pouvait ranger l&#8217;interdéfinition (comme relation) parmi les autres relations et la subordonner ainsi à la condition conjecturale au même titre que les autres relations, mais l&#8217;exemple de la condition 5, avec son association péjorative montre qu&#8217;une condition relationnelle indépendante de la conjecture a droit de cité.  C&#8217;est là selon moi, que réside le gros du travail d&#8217;un sémanticien lorsque les grandes lignes  (ou les bases, selon le point de vue) d&#8217;une théorie sont tracées (ou posées).  Les principes sont là, mais leur application spécifique dépend de l&#8217;objet à décrire.</p>
<p>On peut, sans difficulté, ranger l&#8217;interdéfinition dans les relations, indépendamment de la règle de conversion qui est sollicitée à chaque attribution de valeur, mais on doit, semble-t-il, permettre un double accès aux relations a) en application stricte, en connaissance de cause et b) à titre conjectural avec ou sans forme d&#8217;appui (par exemple ℛ[≢vrai]).  La description du sens est en évolution constante, non pas parce que la langue est vivante, mais parce qu&#8217;elle n&#8217;est ni bornée ni fixe.  C&#8217;est l&#8217;illusion dénotative qui entretient des idées comme l&#8217;absence de synonymie et la monosémie.  Saussure lui-même, malgré son blocage autour de l&#8217;échiquier, n&#8217;admettait pas qu&#8217;elle fût une nomenclature (il réduisait donc son image à néant).</p>
<p>Pour revenir à nos conditions, il faut donc prévoir dans la liste une douzième, qui serait simplement relationnelle, sans l&#8217;entremise de la conjecture.  Dans le dernier billet, nous étions arrivés à la condition situationnelle (qu&#8217;il importe de ne pas confondre avec le contexte) :  la situation est extrasémiotique.  Si elle a des liens avec le domaine, elle n&#8217;a pas son caractère abstrait ni le même aspect organisé.</p>
<p>La situation, n° 6, à la section 80, peut se trouver intégrée au discours, au moins partiellement, dans la dénotation et contribuer directement à l&#8217;interprétation, comme le montre l&#8217;exemple du <em>Petit Robert</em> :</p>
<p>« Ce mardi 4, il lui donne rendez-vous pour jeudi en huit »</p>
<p>en huit ∁ pour jeudi ⊥ ⋀ ␏[ce mardi 4] |— ⊲jeudi 13⊳</p>
<p>Mais plus généralement, elle n&#8217;intervient que comme stricte condition et régit alors le sens.  Cette participation peut être analytique, c&#8217;est-à-dire suivre les circonstances relevées par le sagittal phrastique (dans sa version conservatrice, ci-dessous).</p>
<p><img style="width: 281px;height: 179px" src="http://www.docschnauzer.net/sagittal.png" alt="sagittal.png" /></p>
<p>sort ∁ ⊥ du monde réel ⋀ [<em>x</em>[⊥]lieu] ⋀ ␏[psychose] |— {quitter}</p>
<p>La condition de domaine est différente comme elle peut cohabiter avec la situation, ainsi l&#8217;exemple ci-dessus pourrait faire état d&#8217;aliénation (de <em>qqch</em> [TLF]) au sens de la psychiatrie (domaine).  Plus nettement, on a :</p>
<p>la mer Caspienne est une méditerranée</p>
<p>méditerranée ∁ [Caspienne[ℛ[∋]⊥] ⋀ ⌂[Géogr.] |— ⊲située au milieu des terres⊳</p>
<p>L&#8217;attribution d&#8217;une dénotation anticipe sur l&#8217;éventuelle phase de référence, mais la condition n&#8217;est pas elle-même indissolublement liée à la référence.</p>
<p>Dans la liste, en 80, la huitième condition est la signification, que je rends symboliquement par ∞ s&#8217;il s&#8217;agit de la condition et par Σ s&#8217;il s&#8217;agit du dispositif cognitif (le jugement)</p>
<p>nous voici ressaisis dans un engrenage capable, ce semble, d&#8217;émietter l&#8217;individualité naissante&#8230; (M. Blondel) Cf. <a href="http://www.cnrtl.fr/definition/aliéner">TLF.</a></p>
<p>émietter ∁ ⊥ l&#8217;individualité ⋀ ∞[ℛ[engrenage↘]] |— {broyer}</p>
<p>Dans l&#8217;exemple de Victor Hugo (TLF, toujours), on peut faire intervenir l&#8217;axiologie.  « des groupes sont dispersés et s&#8217;émiettent » (Hugo).</p>
<p>s&#8217;émiettent ∁ des groupes ⊥ ⋀ ∞[α[familles]] |— {s&#8217;éparpille(nt)}</p>
<p>Les conditions 9 et 10 ont partie liée, comme il s&#8217;agit de l&#8217;étymologie et de la morphologie.</p>
<p>L&#8217;exemple de la Caspienne pourrait se prêter à la première comme à la seconde.</p>
<p>L&#8217;interprétation étymologique peut se faire à l&#8217;envers, c&#8217;est-à-dire aller du mot dérivé au mot d&#8217;origine, ce pourrait être le cas pour rodomontade ≍ {fanfaronnade} pour interpréter ‘un rodomont’.</p>
<p>rodomont ∁ [<em>x</em>[est]⊥] ⋀ ␃[⊨[rodomontade]] |— {fanfaron}</p>
<p>La condition étymologique n&#8217;est pas très sûre et pourrait être rangée sous le chef de conjecture.  On ne se « rapproche pas du sens » avec ␃[aberratio] :</p>
<p>aberration ∁ un moment ⊥ ⋀ ␃[aberratio] |— ∄{éloignement}</p>
<p>Mais la question reste en suspens, comme l&#8217;égarement (pour le PR, le TLF me boude — connexion interrompue) consiste à {s&#8217;écarter {des voies}}.</p>
<p>La morphologie présente parfois des risques analogues.  ‘acéphale’ et ‘anencéphale’ sont distincts.  ‘anathématiser’ se rapporte à ‘anathème’, et pas à ‘thématique’ (d&#8217;ailleurs ‘thématiser’ ne semble pas être recensé).  Toutefois, il y a des cas où il ne peut y avoir d&#8217;erreur, comme les formes comportant -<em>putr</em>-, ou plus simplement :</p>
<p>« J&#8217;ai aussi dans mes papelards une carte de la région » (Barbusse).</p>
<p>papelards ∁ dans mes ⊥ ⋀ μ[pap- + -lard] ⋀ ∦[carte] |— {papier(s)}</p>
<p>La condition conjecturale (11<sup>e</sup>) n&#8217;est pas nécessairement relationnelle, mais elle est une solution qui consiste à colmater les blancs sémantiques dans une lecture ou une audition (plus rarement, où il est souvent possible d&#8217;interroger le locuteur).  Elle peut s&#8217;accorder avec la condition étymologique.  En admettant une phrase comme « un bureaucrate qui paperassait à cœur de jour » (non recensé dans le PR, mais dans présent à son ordre, dans le PL 18), la conjecture étymologique est fondée :</p>
<p>paperassait ∁ bureaucrate qui ⊥ ⋀ ≟[paperasse] |— {produire de la paperasse}</p>
<p>Avec la signification, la condition conjecturale peut présumer une cohésion discursive qui n&#8217;existe pas, leurrée par l&#8217;ordre des mots, avec un exemple comme celui-ci :  « Brillat-Savarin a laissé un poème sur la gastronomie » et faire du personnage un poète.</p>
<p>∄<sub>R</sub> Brillat-Savarin ∁ ∞[⊥[a laissé]un poème] |— ⊲poète⊳</p>
<p>Et désormais, on a au moins une douzième condition en l&#8217;espèce de la relationnelle singulière ou couplée à une autre.  Cependant, le même principe s&#8217;applique que pour toute autre condition :  elle doit avoir un rôle déterminant dans l&#8217;attribution de la valeur sémantique ou dénotative.  Ainsi, pour éviter que dans « révolutions du globe » ‘révolution’ se voie attribuer {période} ⊲qu&#8217;il faut pour parcourir son orbite⊳, la relation d&#8217;équivalence peut intervenir, renforçant la condition morphosyntaxique « pluriel » :</p>
<p>révolutions ∁  μ[[⊥]s] ⋀ ℛ[≡[modification]] |— {changements}</p>
<p>Si j&#8217;ai souvent fait allusion, dans cette partie, aux difficultés et aux accidents d&#8217;interprétation, je n&#8217;ai pas encore signalé l&#8217;absence d&#8217;intercompréhension entre diverses sources (que j&#8217;assimile, on le sait, à des locuteurs et sujets interprètes).  J&#8217;en donnerai un exemple.  Cherchant un exemple pour ‘tressauter’, je suis allé interroger sur le site <a href="http://www.lexilogos.com/francais_langue_dictionnaires.htm">Lexilogos</a> le Larousse.  Le voici :   « Ses coups sur la table faisaient tressauter les verres. »  Eh bien, le PR n&#8217;est pas en mesure de lui donner une valeur.</p>
<p>La seule acception qui pourrait s&#8217;étendre aux choses échoue :</p>
<p>‽ tressauter ∁ ⊥ les verres ⋀ [faire[⊥]qqch] |— {subir les inégalités}</p>
<p>Tandis que le sens {tressaillir} convient aux deux phrases suivantes :  Cette remarque le fit sursauter. (Lar.).  Ce cri l&#8217;a fait tressauter. (PR).</p>
<p>sursauter ∁ [faire[⊥]qqn] ⋀ ℛ[≡[tressauter]] |— {tressaillir}</p>
<p>À suivre — Retour sur les synèses.  <strong>schnauzer</strong></p>
<p><img style="width: 568px;height: 189px" src="http://www.docschnauzer.net/exemples6_12.png" alt="exemples6_12.png" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>81.  La règle d&#8217;inférence : ses conditions</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/09/03/81-la-regle-dinference-ses-conditions/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 05:41:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

		<category><![CDATA[autodéfinition]]></category>

		<category><![CDATA[Binet]]></category>

		<category><![CDATA[componentielle]]></category>

		<category><![CDATA[Guiraud]]></category>

		<category><![CDATA[interdéfinition]]></category>

		<category><![CDATA[Nida]]></category>

		<category><![CDATA[Paulhan]]></category>

		<category><![CDATA[Pottier]]></category>

		<category><![CDATA[sémantiser]]></category>

		<category><![CDATA[sémiotaxie]]></category>

		<category><![CDATA[TLF]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la figure de la « règle décomposée », j&#8217;ai omis de signaler que l&#8217;analogie (⊨) est un exemple et ne constitue pas une partie intégrante de la règle.  Je vais d&#8217;ailleurs remplacer ce symbole par celui de la conjecture, à la première occasion, et placer l&#8217;exemple en second car une des conditions les plus fréquentes est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la figure de la « règle décomposée », j&#8217;ai omis de signaler que l&#8217;analogie (⊨) est un exemple et ne constitue pas une partie intégrante de la règle.  Je vais d&#8217;ailleurs remplacer ce symbole par celui de la conjecture, à la première occasion, et placer l&#8217;exemple en second car une des conditions les plus fréquentes est celle que j&#8217;appelle modulaire, qui me vient du module verbal, notion empruntée à Bernard Pottier.  J&#8217;ai étendu le module à toute forme grammaticale :  la grammaire intériorisée est maintenue active par des schémas et non des règles mémorisées.</p>
<p>La première condition, autre que la forme à sémantiser, naturellement, est distributionnelle, même si à l&#8217;origine c&#8217;est plutôt le figement syntaxique qui m&#8217;intéressait (on est en 1980), comme premier signe de la locution (expression figurée).  Le second est l&#8217;absence de référence directe (condition n° 5 dans la liste du dernier billet).</p>
<p>Sans doute sous l&#8217;influence de l&#8217;anglais, la première condition a été baptisée « positionnelle », bien qu&#8217;à cette époque je connaissais déjà la notion de sémiotaxie, qu&#8217;on trouve en français dans les travaux de Guiraud et, en anglais, dans ceux de Nida (<em>semotaxis</em>).  La présentation de la première forme de la règle s&#8217;est faite en anglais, devant les linguistes de l&#8217;association régionale de linguistique des provinces canadiennes de l&#8217;Atlantique.  C&#8217;est encore en anglais que sa forme idiomatique a été présentée à New York devant la LSA.</p>
<p>La condition sémiotaxique comporte trois applications possibles, conformément aux positions que peut avoir une occurrence par rapport à une ou deux autres.  Avant, entre, après.  Dans les constructions de type <em>x</em> de <em>y</em>, on ne tient généralement pas compte de la préposition, même si, advenant le cas, elle peut être modulaire [⊥[de]⊥].  Il arrive qu&#8217;une condition puisse suffire à une interprétation (ici idiomatique) :</p>
<p>lièvre ∁ mémoire de ⊥ |— {peu {fidèle}}</p>
<p>La condition n° 2 dans le billet précédent, est également contextuelle, mais non syntagmatique, dans la mesure où elle se manifeste dans un syntagme distinct de celui de la fas (forme à sémantiser).  Ses deux formes peuvent, sans être ramenées à une seule, dans la mesure où l&#8217;on considère que le sème n&#8217;a pas d&#8217;existence propre et surtout qu&#8217;il n&#8217;a pas d&#8217;existence indépendante.  Dans la théorie des opérations sémantiques, son existence suppose a) une forme à sémantiser et b) la règle de conversion (ou d&#8217;interdéfinition).  L&#8217;existence d&#8217;une condition contextuelle sémantique non contiguë (sous le nom de condition flottante) remonte aux travaux d&#8217;origine, c&#8217;est-à-dire à <a href="biblio.html#set">Set Meaning</a>, donc à l&#8217;époque où je n&#8217;étais pas en mesure de révoquer en doute l&#8217;analyse sémique ou componentielle, même si le <a href="biblio.html#simuove">transfert de sèmes</a> m&#8217;indisposait.</p>
<p>La condition contextuelle non contiguë lexicale ne fait appel qu&#8217;à la reconnaissance d&#8217;une forme du lexique, sans impliquer l&#8217;immédiateté d&#8217;une interdéfinition ou d&#8217;une inférence, même si Binet favorisait une perception très active.  L&#8217;exemple que j&#8217;ai trouvé (par hasard, dans mon PL 1918, qui sera ma source ici) n&#8217;exige pas d&#8217;effort particulier au niveau de la perception, puisque la condition est antérieure à l&#8217;application où elle est invoquée.  Elle sert à interpréter ‘mensonge’ et non l&#8217;inverse.  Soit dans « La poésie vit de mensonges », ‘mensonges’ ne reçoit pas la valeur {contraire à la vérité}.</p>
<p>mensonge ∁ ∦[poésie] |— {fiction}</p>
<p>La condition paramétrique, n° 3 dans le billet 80, tient son nom d&#8217;une observation de l&#8217;écrivain Jean Paulhan à propos de obligés du discours.  Je vais donner un exemple <em>a contrario</em> comme ma source ne donne que le sens vieilli (ou littéraire), vérification faite dans le <a href="http://www.cnrtl.fr/definition/imposer">TLF</a> qui par sa distinction suggère qu&#8217;il y a eu assimilation, et confirme le sens du PL 18 par une citation de l&#8217;Académie.</p>
<p>L&#8217;esprit non prévenu pourrait ne voir dans les deux segments qu&#8217;une accumulation, mais le premier fonctionne en fait comme interprète du second (phénomène proche de l&#8217;autodéfinition et signalé par Nida) — la citation (plus) complète est dans l&#8217;article du TLF, plus une citation (de Gide) analogue pour l&#8217;autre forme non paramétrique (en italiques, plus bas) :</p>
<p>A [« Tu m'as trompé pourtant,] B [c'est-à-dire tu m'en as imposé] par orgueil et par fausse gloire » (Sainte-Beuve).</p>
<p>En réalité ce n&#8217;est pas B qui explicite A, comme on pourrait le croire, mais l&#8217;inverse, le paramètre ‘en imposer’ voulant dire originalement {tromper ⋁ faire accroire}.</p>
<p>La condition paramétrique est donc insuffisante pour imposer sans hésitation le sens réel à un lecteur moderne qui connaît mieux le paramètre avec le sens de {inspirer respect ⋁ crainte}, dont j&#8217;emprunte l&#8217;exemple renforcé au TLF encore une fois :</p>
<p>« Ce peuple expansif et aimable s&#8217;en laisse imposer par la morgue pédante » (Pailleron).</p>
<p>imposer ∁ φ[s'en laisser ⊥] |— {être impressionné}</p>
<p>La valeur est adaptée du PR.  On comparera l&#8217;extrait de Gide (TLF <em>id.</em>) :</p>
<p><em>Ne t&#8217;en laisse pas accroire. Ne te laisse pas imposer.</em></p>
<p>Voici tout de même un exemple sans ambiguïté :</p>
<p>au fur et à mesure ∁ φ⊥ |— {successivement et à proportion}</p>
<p>On notera qu&#8217;il est possible de traiter ‘mémoire de lièvre’ comme une synapsie et appliquer la condition paramétrique.  La condition modulaire, n° 4 dans le dernier billet, dans sa version <em>verbale</em> s&#8217;illustre naturellement par un verbe, mais peut aussi intervenir comme condition adjuvante ou dans le cas d&#8217;un déverbal. Soit dans « les hommes qui ont marqué depuis vingt ans » :</p>
<p>marqué ∁ [hommes[marque(nt)]∅] |— {se distinguer}</p>
<p>Le <a href="http://www.cnrtl.fr/definition/marquer">TLF</a> indique pour sa part :  ≝ <em>laisser un souvenir durable</em> et comme exemple :  <em>de celles</em> [œuvres] <em>qui marquent dans une littérature ?</em> (Daudet).</p>
<p>La condition référentielle ou plus exactement non- ou négaréférentielle, n° 5 dans le billet précédent, peut aussi être caractérisée par le fait qu&#8217;elle indique une indirection dans la dénotation et donne ainsi lieu à un sens.  L&#8217;exemple est un effet du hasard encore une fois et l&#8217;exemple est emprunté au TLF, mais le sens au PL 1918.  Il exige en outre une condition relationnelle, mais non nécessairement conjecturale :  « &#8230;dire son fait à ce marsouin-là, un sauvage qui a, dit-on, trois millions, et qui ne vous donne pas de dot » (Balzac).</p>
<p>marsouin ∁ son fait à ⊥ ⋀ ℟[⊥] ⋀ ℛ[↘] |— {homme laid, malpropre ⋁ sans éducation}</p>
<p>La relation est celle de l&#8217;association péjorative qui, si elle semble imméritée, correspond toutefois à l&#8217;autre nom donné au marsouin :  ‘cochon de mer’.  La suite au prochain numéro.  <strong>schnauzer</strong></p>
<p>Exemples avec le symbole d&#8217;inférence normalement employé :</p>
<p><img style="width: 443px;height: 142px" src="http://www.docschnauzer.net/exemples1-5.png" alt="exemples1-5.png" /></p>
<p><img style="width: 436px;height: 181px" src="http://www.docschnauzer.net/regdcomp.png" alt="regdcomp.png" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>80.  La règle d&#8217;inférence (2)</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/09/02/80-la-regle-dinference-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 02:56:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

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		<category><![CDATA[synèse]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme je partage avec mes compagnons à quatre pattes un certain acharnement, même si je me suis raisonné à propos de refaire les exemples de l&#8217;Essai, cela ne m&#8217;a pas empêché de m&#8217;y empêtrer.  La règle de conversion y est particulièrement choyée, sans doute parce qu&#8217;elle me semblait, dès le début, une trahison de ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme je partage avec mes compagnons à quatre pattes un certain acharnement, même si je me suis raisonné à propos de refaire les exemples de l&#8217;<em>Essai</em>, cela ne m&#8217;a pas empêché de m&#8217;y empêtrer.  La règle de conversion y est particulièrement choyée, sans doute parce qu&#8217;elle me semblait, dès le début, une trahison de ma part dans le mythe de la langue descriptive du sens qui voudrait que le sème (ou son successeur le noème ou pis, le prototype) existe parce qu&#8217;on en emploie le mot et qu&#8217;on s&#8217;en sert comme de blocs de construction.  Mais la sémantique n&#8217;est pas un jeu d&#8217;enfant.  Il ne suffit d&#8217;entasser (ou, poliment, de combiner) des sèmes pour obtenir un sémème.  Ce n&#8217;est pas non plus en encadrant un mot d&#8217;une convention graphique qu&#8217;on en fait un métamot (pardon, une unité métalinguistique).  Si les philosophes se tirent d&#8217;affaire à peu de frais en parlant d&#8217;herméneutique, tant mieux, mais la sémantique est trop exposée pour se payer ce luxe.</p>
<p>«  Dans la perspective opératoire, ai-je écrit dans l&#8217;Essai, le terme d&#8217;<em>élément de sens</em> est souvent remplacé par celui de <em>valeur</em> (sémantique), mais certaines précautions s&#8217;imposent.  On n&#8217;assimilera pas « valeur » et « concept ».  Le plan métalinguistique construit par une théorie sémantique en rapport avec le plan de la langue objet n&#8217;est pas nécessairement un « plan conceptuel » comme l&#8217;était celui du « signifié » chez Saussure.  <em>Le sens d&#8217;une unité lexicale, même dans une phrase, ne se situe pas à l&#8217;extérieur de la langue</em>, et ne privilégie pas automatiquement le concept comme représentation, qui appartient à la panoplie d&#8217;une autre discipline qui l&#8217;a construit.  Le « sème » ou élément de sens, de ce point de vue, ne diffère pas de la relation sémantique <em>qui n&#8217;a pas de permanence autre que celle d&#8217;obéir à certaines conditions</em>. »</p>
<p>La <a href="ref21.html#metaconv">règle de conversion</a> ne se conçoit pas sans celle qui la motive, mais leur apparition est simultanée.  À l&#8217;époque où le symbole de l&#8217;inférence était rendu par la convention ‘:=’ (une des premières), le « transcodage » (terme hérité de mes années Greimas) exploitait ‘=:’, mais très vite avec l&#8217;analyse de la redondance (devenue intersection sémantique, symbole ∩), la notion d&#8217;interdéfinition (empruntée aux logiciens qui en font un très mauvais usage) s&#8217;imposait et se confondait avec le « changement de plan » observé dans l&#8217;étude du pléonasme et des définitions qui ne sont pas toujours circulaires.</p>
<p><a href="ref22.html#srmcr">En bref</a>, il s&#8217;agit d&#8217;expliquer que si le locuteur ordinaire commente le fait qu&#8217;une ‘nouvelle renversante’ ne fait pas que le renverser, il faut au sémanticien un moyen de rendre compte de l&#8217;emploi d&#8217;‘étonner’ comme terme d&#8217;élucidation.  Le rapport avec ‘merlon’ et ‘créneau’ est plus dénotatif et plus métonymique, mais la fonction est la même.</p>
<p>étonnant =: {étonnant} ∁ renversant := {⊤}</p>
<p>Version actuelle :</p>
<p>étonnant ⋈ {étonnant} ∁ renversant ⊦ {⊤}</p>
<p>Le symbole ⊦ est une expérience, étant donné que la police de caractère du blog ne parvient à reproduire correctement le signe d&#8217;inférence, qu&#8217;on trouvera correctement reproduit dans la figure plus bas.  L&#8217;autre possibilité consisterait sur ce blog à représenter l&#8217;inférence par deux signes distincts |—.</p>
<p>changer ⋈ {changer} ∁ faire peau neuve |— {changer}</p>
<p>On peut également accommoder l&#8217;adverbe :</p>
<p>complètement ⋈ {complètement} ∁ [changer ⋈ {changer} ∁ faire peau neuve |— {changer}] |— {changer {complètement}}</p>
<p>Techniquement, le schéma de métaconversion interdéfinitionnel peut être ramené à ceci :</p>
<p><em>x</em> ⋈ {⊥} ∁ <em>y</em> |— {<em>x</em>}</p>
<p>Dans le cas de termes et d&#8217;éléments dénotatifs, seules les accolades vont changer :</p>
<p>marteau ⋈ ⊲⊥⊳ ∁ maillet |— ⊲⊤⊳</p>
<p>Je crois qu&#8217;il est inutile d&#8217;insister sur la conversion de mots de la langue en terme descriptifs de la langue.  Toute le monde a recours soit aux équivalents (approximatifs ou non), soit aux génériques (même les tenants du prototype).  Si on n&#8217;a pas à l&#8217;esprit que le maillet est un marteau de bois à deux têtes, on dira c&#8217;est une espèce de marteau.  Ou, à défaut, « un truc qui sert à&#8230; »</p>
<p>Passons ou plutôt revenons à la règle proprement dite.  La validité de l&#8217;application d&#8217;une règle d&#8217;interprétation sémantique se vérifie par ses conditions.  C&#8217;est donc les conditions que je vais aborder.  Dans le recensement de l&#8217;<a href="ref21.html#cds">Essai de sémantique</a>, on en compte 21 sans intégrer les relations comme conditions conjecturales et en ajoutant le paradigme comme condition hors série.</p>
<p>Ce dernier est superflu, comme il est intégré à l&#8217;idée même de parcours pour chacun des postes de conditions et valeurs dans la règle.  Le parcours implique comparaison et sélection du candidat ;  c&#8217;est aussi la fonction du paradigme qui n&#8217;est autre qu&#8217;une classe syntagmatique.  Avec le temps, il pourrait s&#8217;être produit un certain tassement dans le nombre de conditions, mais ce n&#8217;est pas le cas.</p>
<p>Toutefois, comme certaines conditions ont plusieurs manifestations et que celles-ci sont rarement concurrentes, on peut ramener le nombre aux conditions principales, qui sont alors 12, si l&#8217;on tient compte de l&#8217;énoncé connecteur, forme discursive de l&#8217;interdéfinition (cf. « ce dont on se sert pour arriver à un résultat »).</p>
<p>1)  La condition sémiotaxique (ancienne condition positionnelle) a trois formes ;  2)  la condition contextuelle non contiguë a deux formes ;  3)  la condition paramétrique (syntagmes figés, locutions, synapsies) n&#8217;a qu&#8217;une réalisation ;  4)  la modulaire a deux formes verbales, mais elle prend en charge toutes les manifestations grammaticales à l&#8217;exception des déictiques et de l&#8217;anaphore.  L&#8217;anaphore était une condition, mais elle peut très bien fonctionner comme règle.  5)  La condition référentielle a deux formes possibles, mais dans une règle sémantique, seule sa forme négaréférentielle (indirection) est pertinente désormais (compte tenu de la dénotation).  L&#8217;interdéfinition est repoussée dans les relations et n&#8217;intervient alors que comme condition conjecturale.  Celle-ci accueille toutes les relations, mais une à la fois, normalement.  6)  La situation et 7)  le domaine forment deux conditions distinctes et 8)  la signification compte trois formes qui, elles, pourraient être concurrentes.  9) L&#8217;étymologique et 10) la morphologique n&#8217;ont qu&#8217;une forme, même si la seconde peut distinguer le préfixe du suffixe.  11)  La condition conjecturale ouvre tout le paradigme des relations.</p>
<p><img style="width: 436px;height: 181px" src="http://www.docschnauzer.net/regdcomp.png" alt="regdcomp.png" /></p>
<p>Ce qui précède ne revient pas à dire que le sémiolexique et l&#8217;encyclopédie à laquelle il est intégré sont tirés au cordeau ou organisés comme des filets aux mailles carrées, malgré la fréquence d&#8217;emploi chez moi du terme de <em>paradigme</em>, rien ne permet de penser qu&#8217;il est préexistant comme forme d&#8217;organisation, pas plus que la métaphore de l&#8217;échiquier ne nous autorise à croire que les mots sont des pièces aux mouvements préétablis.</p>
<p>Le facteur d&#8217;organisation est la synèse, particulièrement apte à rendre compte des modules verbaux (type SVO) ou des module de coordination et de subordination.  La longueur des unités qui forment les pôles d&#8217;une synèse dépend des capacités mnésiques d&#8217;un individu et ces mêmes unités, si elles sont décomposables, peuvent appartenir à des synèses apparentées.  L&#8217;énoncé connecteur figurant plus haut peut former un pôle ou une synèse qui se rattacherait à une autre regroupant moyen-marchepied-tremplin.  Les rapports de dépendance des deux règles et des synèses peut être représenté comme une synèse.</p>
<p><img style="width: 290px;height: 168px" src="http://www.docschnauzer.net/regsyn.png" alt="regsyn.png" /></p>
<p>Dans le prochain numéro, on examinera de plus près certaines conditions.  <strong>schnauzer</strong></p>
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		<title>79.  La règle d&#8217;inférence</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/08/29/79-la-regle-dinference/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 05:10:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

		<category><![CDATA[conditionnelle]]></category>

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		<category><![CDATA[inférence]]></category>

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		<description><![CDATA[La chose a pour moi une telle évidence que j&#8217;oublie souvent que sans une transcription, elle reste difficile à déchiffrer, bien que les applications du dernier billet soient assez simples.  Notons en passant que les symboles n&#8217;ont de rôle que d&#8217;assurer un minimum de rigueur dans un domaine réputé imprécis, sinon franchement flou ou fantasque.  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chose a pour moi une telle évidence que j&#8217;oublie souvent que sans une transcription, elle reste difficile à déchiffrer, bien que les applications du dernier billet soient assez simples.  Notons en passant que les symboles n&#8217;ont de rôle que d&#8217;assurer un minimum de rigueur dans un domaine réputé imprécis, sinon franchement flou ou fantasque.  Quoique je ne voudrais pas qu&#8217;on voie (vît) dans la règle en question une implication (qui, elle, est nécessaire, apodictique), on peut lire le symbole de complémentarité ∁ comme un <em>si</em>, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de l&#8217;énumération de conditions, et ⊢ <em>alors</em>, puisque des conditions on déduit quelque chose.</p>
<p>b. se lirait donc « si <em>forcément</em> se trouve dans le contexte verbal ‘x [˥[est]] y’, alors il a le sens {obligatoirement} ».</p>
<p>La négation ‘˥’ est un oubli que j&#8217;ai corrigé par la suite, mais elle n&#8217;a pas d&#8217;incidence sur le sens (en réalité elle appartient à la signification, comme il peut s&#8217;agir d&#8217;une opinion).  La lecture technique est un peu différente et s&#8217;inspire de l&#8217;emploi du signe ⊢ en logique.  Prenons le cas de a. :  « (les) ‘théoriciens’ dans le contexte avant ‘de la musique’ et le contexte non contigu ‘grands compositeurs’ <em>infère</em> {musicologue} ».  On peut aussi, pour faire moins barbare, employer « de X et Y, <em>on</em> infère Z ».</p>
<p>L&#8217;application de la règle au verbe être est implicite.  Si besoin est, on peut l&#8217;intégrer au module verbal sous forme de relation prédicative.  [<em>x</em>[∋]<em>y</em>].  On trouve la liste des relations à droite, sur la page <em>Relations sémantiques</em>.</p>
<p>Quand j&#8217;ai parlé dans le dernier billet de réexaminer les exemples de l&#8217;<em>Essai de sémantique</em> je promettais quelque chose que je ne pourrais pas entreprendre aujourd&#8217;hui.  En partie à cause de ma santé et de l&#8217;ampleur de la tâche, mais aussi à cause de la complexité qu&#8217;il y aurait à utiliser la règle avant de l&#8217;avoir exposée.  Elle apparaît une première fois au <a title="introduction de la règle" href="http://www.docschnauzer.net/ref10.html">chapitre 10</a> et est exposée de nouveau au chapitre XVIII.  Ce n&#8217;est qu&#8217;à partie de là qu&#8217;elle fait l&#8217;objet d&#8217;un emploi régulier.  En outre, quand j&#8217;ai entamé les diverses formes de l&#8217;<em>Essai </em>:  si ma mémoire ne me joue pas de tours, il y a au moins trois textes distincts qui composent le traité, dont deux antérieurs, l&#8217;Essai (première mouture) et le Vade-mecum, et cela donc avant le Petit Traité du sens (qui devait avoir une version anglaise) et les Opérations sur le sens, terminé contre vents et marées (en fait, thyréotoxicose, aggravant la maladie de Biermer et la <em>mélancolie</em> comme disaient les Anciens).  Il y a des jours où je ne m&#8217;y retrouve plus.  Les deux derniers (je ne parle pas des jours, mais des textes) ont été intégrés au Traité devenu l&#8217;Essai au cours de la refonte.  La même année ou l&#8217;année qui a suivi la rédaction des fiches de <a title="AZ" href="http://www.docschnauzer.net/azz.html">l&#8217;exposé alphabétique</a> et chronologique de la théorie.</p>
<p>J&#8217;étais ambitieux, sous doute par effet-leurre dû au Prozac (que je considère encore aujourd&#8217;hui comme un médicament anti-intellectuel), et malgré les mises en garde que je multipliais, j&#8217;essayais d&#8217;embrasser le plus possible.  Comment en effet se situer, si l&#8217;on établit pas auparavant sur quel terrain on se place?  Le problème c&#8217;est que dans ce domaine, malgré une apparente expansion, les apports ne se complètent qu&#8217;en trompe l&#8217;œil.  Chacun reformule à sa façon ce que disait l&#8217;autre et nombreux sont ceux qui construisent des chapelles qui exigent une foi sinon une allégeance.</p>
<p>Revenons à la règle et à ses diverses formes.  Je disais plus haut qu&#8217;on pouvait la rapprocher de la conditionnelle, mais il ne faut surtout pas faire du sens une conséquence de la forme.  Il faut également se garder d&#8217;y voir l&#8217;application du principe de transitivité.  Ni la forme à sémantiser ni le contexte contigu (la sémiotaxie) ne font « passer » le sens à une autre entité inconnue.  Si je me risque à mimer le signe saussurien par le signe d&#8217;inférence, c&#8217;est plutôt pour montrer que la forme n&#8217;est pas solidaire du sens :  f ⊢ {s}.</p>
<p>L&#8217;opérateur sémiotique le plus courant, ‘au sens de’, est un exemple de la liberté disproportionnelle du sens par rapport à la forme et inversement.  Il permet notamment de donner une indication sur le sens sans le faire figurer dans le discours, il peut même se contenter dans les cas de dénotation de signaler le genre (superordonné) comme indication du sens.  Poire au sens de fruit.  Mais cet opérateur discursif (qui fait partie intégrante de mon métalangage) est soumis à la même contrainte que la règle d&#8217;interprétation :  la contrainte de non tautologie de la règle de sémantisation interdit l&#8217;attribution d&#8217;une valeur formellement (morphologiquement) identique à la forme de départ (fas = forme à sémantiser).  On ne peut donc pas trouver d&#8217;applicaion de la règle de ce modèle :</p>
<p>▴ poivrière ∁ <em>x</em> ⊢ {poivrière} ⋁ ⊲poivrière⊳</p>
<p>Ma mémoire, pour une fois, ne me leurrait pas.  Le premier exemple de la règle de conversion est une dénotation.  Mais comme je l&#8217;ai indiqué dans le billet précédent le changement est formellement cosmétique.  La poivrière dont il est question ici est une construction en surplomb à l&#8217;angle d&#8217;un bastion.  Mais je risque de courir deux lièvres à la fois.  Avant de revenir brièvement à la dénotation (et apporter une rectification correspondante dans l&#8217;<em>Essai</em>), je me dois de m&#8217;expliquer sur ce qu&#8217;est la règle de conversion ou de métaconversion.</p>
<p>Elle a connu diverses formes et fortunes, mais pour que le point de vue nominaliste soit maintenu (fiction ou non, peu importe), il faut un dispositif quelconque pour faire du mot ‘citadelle’ (pourquoi pas la dénotation) le dénoté ⊲citadelle⊳.  Comme dans les règles de synonymie, le rapport est ternaire.  La valeur ⊲citadelle⊳ est inférée à partir de la forme ‘citadelle’ dans la nécessité où l&#8217;on est d&#8217;attribuer une valeur (ici dénotative) à ‘acropole’.</p>
<p>‘citadelle’ ⋈ ⊲citadelle⊳ ∁ acropole ⊢ ⊲⊤⊳</p>
<p>Le symbole utilisé, ⋈, est celui de l&#8217;interdéfinition qui succède chronologiquement à celui de l&#8217;assertion, ⊣, et à celui de l&#8217;analogie, ⊨.  La différence dans une application non dénotative (c&#8217;est-à-dire sémantique), consiste à utiliser les accolades.</p>
<p>‘discuter’ ⋈ {discuter} ∁ agiter [une question] ⊢ {⊤}</p>
<p>La suite au prochain numéro (80).  <strong>schnauzer</strong></p>
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		<item>
		<title>78.  De l&#8217;inférence à la règle</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/08/28/78-de-linference-a-la-regle/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 05:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le Thésaurus-Index d&#8217;Universalis (1990) [TI-EU], l&#8217;inférence est traitée comme le faisait Cuvillier au début du siècle (XXe), c&#8217;est-à-dire comme elle l&#8217;était au XIXe siècle, et chez les scolastiques (fin du Moyen-Âge).  Autrement dit, comme je l&#8217;ai indiqué dans le dernier billet, comme conversion (T) entre les quatre modèles de propositions du carré logique, soit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le Thésaurus-Index d&#8217;Universalis (1990) [TI-EU], l&#8217;inférence est traitée comme le faisait Cuvillier au début du siècle (XX<sup>e</sup>), c&#8217;est-à-dire comme elle l&#8217;était au XIX<sup>e</sup> siècle, et chez les scolastiques (fin du Moyen-Âge).  Autrement dit, comme je l&#8217;ai indiqué dans le dernier billet, comme conversion (T) entre les quatre modèles de propositions du carré logique, soit encore, l&#8217;inférence n&#8217;avait pas droit au titre de raisonnement.  Disons, qu&#8217;à lire ce bref article, on ne retiendrait concernant l&#8217;inférence envisagée ici, que le fait qu&#8217;on admet qu&#8217;elle puisse être médiate, à l&#8217;image du vénérable raisonnement (qui se confond historiquement avec le syllogisme aujourd&#8217;hui défunt).  Encore une fois ce qu&#8217;on trouve chez Cuvillier.</p>
<p>Il distingue encore l&#8217;inférence démonstrative, comportant l&#8217;idée de nécessité (déduction), et l&#8217;inférence non démonstrative (induction).  On notera que cette distinction entre en contradiction avec la conversion à laquelle on l&#8217;astreignait auparavant.  On ne suivra pas l&#8217;auteur de cet article, qui ne jure que par la vérité.  Dans le dernier volume du TI-EU, le rédacteur de ‘valeur’ en linguistique ne se rend pas compte qu&#8217;en discutant l&#8217;exemple ‘mutton/sheep’, il ruine la notion même, puisqu&#8217;en français cette opposition est de nature polysémique (notion bréalienne, que Saussure n&#8217;aurait pas touchée).  Passons, ou plutôt, revenons à nos moutons.</p>
<p>L&#8217;article ‘validité’ en logique, toujours dans le TI-EU (dernier volume), est moins chatouilleux quant à l&#8217;emploi du terme ‘inférence’, même s&#8217;il porte sur les conditions de validité, c&#8217;est-à-dire la vérité des prémisses qui passe dans la conclusion.  L&#8217;auteur présente son explication comme la nécessité d&#8217;être intuitif et fidèle à l&#8217;étymologie.  Mais je ne critiquerai pas celui qui verra quelque chose de suspect dans le fait que « si les prémisses sont vraies, alors la conclusion l&#8217;est ».</p>
<p>Si l&#8217;on se porte à l&#8217;article ‘implication’, on constate que la définition (dite philosophique, selon l&#8217;auteur) passe de <em>x</em> ⊂ <em>y</em> (est compris dans) [au sens usuel] à <em>y</em> ⊃ <em>x</em> (<em>x</em> résulte nécessairement de <em>y</em>).  Soyons précis :  « Il y a implication, au sens usuel, lorsqu&#8217;une chose en contient une autre ».  [En philosophie] « une idée en implique une autre, si elle ne peut être pensée sans l&#8217;autre. »  L&#8217;implication stricte de Lewis permet de formaliser le syllogisme sans intermédiaire (la majeure est escamotée) :  « si deux propositions contiennent des variables qui leur sont communes, leur implication est vérifiée pour n&#8217;importe quelle valeur de ces variables (exemple :  <em>X est homme implique X est mortel</em>, quel que soit X) ».  La majuscule est dans l&#8217;original.  Pour des détails sur ce questions, voir <a title="Index des termes d'AZ" href="http://www.docschnauzer.net/azz.html">AZ sur le site</a> ou <a title="sur cette forme d'inférence" href="http://www.docschnauzer.net/az14.html#silo">syllogisme</a>.</p>
<p>Serrons de plus près notre sujet :  Si au début, avec la règle adaptée de la phonologie, la règle s&#8217;inspirait (avant que je connaisse Prolog) de la conditionnelle informatique IF-THEN (en Basic, je crois), elle n&#8217;a jamais été considérée comme une implication pour la bonne raison qu&#8217;un mot (même sous le déguisement d&#8217;un signe) ne contient pas un sens.  C&#8217;est le « mot saussurien » qui implique sa valeur ou son concept (on n&#8217;est pas sûr de ce qu&#8217;il advient du signifié avec la valeur ni de la valeur avec le signifié).  Dans la règle opératoire, le sens ou ce qui en tient lieu (la valeur sémantique) est attribué en fonction des conditions dont le nombre correspond à la détermination d&#8217;une valeur plausible.</p>
<p>La forme de la règle comporte deux repères principaux ‘∁’ qui inaugure la liste des conditions et ‘⊢’ qui la clôt pour introduire la ou les valeurs sémantiques résultant de l&#8217;inférence qui a pour pour de départ la « forme à sémantiser », telle qu&#8217;elle est perçue (dans ce texte, dans sa transcription graphique)</p>
<p>Il y a donc trois parties principales 1) une condition de départ, obligatoire, la forme, 2) une série de conditions dont la pertinence est fonction de l&#8217;énoncé et des circonstances et 3) la valeur sémantique dans une forme succincte, afin de permettre la vérification par substitution.  Cette contrainte de substituabilité n&#8217;est pas importée de la phonologie, mais découle de l&#8217;existence observée de synonymes (ou de mots à valeur sémantique équivalente).  Dans <a title="conditions de synonymie" href="http://www.docschnauzer.net/biblio.html#aa">un article paru</a> il y a très longtemps, j&#8217;avais cherché à établir une série de « règles » de synonymie, dont il reste qu&#8217;il faut comprendre que comme tout phénomène sémantique (ou linguistique), elle obéit à des contraintes précises.  Je ne citerai comme erreur d&#8217;observation que le grand cas que l&#8217;on fait du caractère affectif du sens (repris dans Dubois <em>et al.</em>), à telle enseigne qu&#8217;il y aurait UN sens cognitif et UN sens affectif.</p>
<p>Une contrainte de substitution basée sur le caractère affectif d&#8217;un discours ou d&#8217;un énoncé ne contraint rien et ne produit rien.  Et surtout ne décrit pas le sens.  ‘pantoufle’ était un mot qui amusait ma regrettée compagne, mais cela ne l&#8217;empêchait pas de ranger l&#8217;objet dans les choses qu&#8217;on porte aux pieds.  Dans la théorie des opérations sémantiques, ces considérations forment la signification (distincte du sens), dont les trois aspects axiologique, doxologique et idéologique répondent aux nécessités valorisantes du « je », du « on » et du « nous ».  Il n&#8217;y a pas de synonymie axiologique, pas plus qu&#8217;idéologique ni que doxologique :  il n&#8217;y a même pas de constance ou de stabilité dans le « sens » d&#8217;un même mot lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de signification.  Il suffit d&#8217;examiner les emplois de mots comme ‘peuple’, ‘sondage’ ou ‘insécurité’.</p>
<p>La signification est aussi en quelque sorte le moteur ludique du sens.  Mes collègues anglo-saxons ont presque marché lorsque je leur ai expliqué la véritable étymologie de ‘buffalo’, compte tenu de la topographie et de l&#8217;hydrographie de la Saskatchewan (province canadienne entre le Manitoba et l&#8217;Alberta), et du rôle du français chez les Métis du XIX<sup>e</sup> siècle :  « bœuf à l&#8217;eau ».  Et je suis sûr que quand je leur ai dit comment j&#8217;interprétais « bark up the wrong tree » (faire un procès d&#8217;intention, accuser qqn à tort, se tromper), ils m&#8217;ont cru, étant donné le peu d&#8217;estime dont je jouissais :  « enlever l&#8217;écorce d&#8217;un arbre par erreur ».</p>
<p>La signification comme telle fait l&#8217;objet dans le modèle théorique d&#8217;une règle analogue à celle du sens, mais l&#8217;objet sur lequel elle porte n&#8217;est pas « descriptible » avec les moyens actuels.  En effet, pour bien faire, elle s&#8217;applique non pas sur la forme (phonique ou graphique), mais sur le produit mixte de la règle sémantique et de la règle référentielle (ou dénotative, s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un objet matériel), qui reçoit le nom de référentiel, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il est le système de coordonnées correspondant à un segment discursif.  Le produit même de la règle de référence n&#8217;est pas gérable avec les stricts moyens linguistiques de description dont nous disposons.  Intervient également la question de savoir ce qu&#8217;est réellement le référent, dans l&#8217;application dénotative de la règle ou dans la phase référentielle postérieure à la sémantisation.</p>
<p>Si l&#8217;on se reporte au billet n° 60, on verra comment en m&#8217;attaquant au sens de la phrase, j&#8217;ai sans le vouloir bousculé le bel ordre auquel obéissait le modèle depuis sa première formulation, lors de ma recherche sur le processus de lecture :  l&#8217;ordre était et reste logique si l&#8217;on ne tient compte que du processus de lecture.  Si vous introduisez la situation « quotidienne », comme dans les manuels d&#8217;apprentissage de langue (j&#8217;ai les vieux manuels de l&#8217;Alliance française [Mauger]) : au téléphone, au restaurant, chez l&#8217;épicier, à table, à la gare, dans le train, sur la plage), vous vous trouvez alors dans une conversation, où l&#8217;ordre des règles varie avec la nature des énoncés.  [Hélène fait des pâtés] « J&#8217;en fais encore dix.  [dit-elle] Quand j&#8217;aurai fini, j&#8217;irai me baigner. »</p>
<p>Dans des circonstances concrètes, les énoncés tendent à l&#8217;être également, c&#8217;est-à-dire à porter sur des objets visibles (perceptibles) dans un cadre plus ou moins délimité, et c&#8217;est alors la règle dénotative qui s&#8217;applique.  Le changement est machinal et n&#8217;a d&#8217;incidence que sur la nature du référent.  En lisant la phrase où figure Hélène (la fille des Vincent), mon lecteur n&#8217;a pas le même référent des pâtés que celui de l&#8217;interlocuteur supposé de la demoiselle.  Pour un nominaliste accompli, il se pourrait même que le pâté reste un mot.</p>
<p>Les règles n&#8217;ont donc pas le même ordre selon le type de discours et non selon les formes.  Toutefois le contexte linguistique n&#8217;est pas indifférent, en général :  ‘main’ n&#8217;est pas dénotatif dans ‘forcer la main’, mais dans ‘battre des mains’ il y a un résidu, même si le sens n&#8217;a rien de dénotatif, bien qu&#8217;il corresponde à une action :  ⊲applaudir⊳, tandis que ‘tendre la main’, qui change de sens et de signification avec les circonstances, reste très dénotatif.</p>
<p>Revenons à la mécanique de la règle d&#8217;inférence sémantique.  Si l&#8217;on prend comme exemple l&#8217;adverbe dans la phrase suivante :  <em>les théoriciens de la musique ne sont pas forcément de grands compositeurs</em>, on aura quelque chose comme :  b. où l&#8217;on note la relative monosémie, couplée à une série synonymique assez grande, même sans inclure le familier ‘automatiquement’ du PR.  L&#8217;interprétation morphologique ‘μ’ est possible :  forcément ∁ V ⊥ ⋀ μ[force] ⊢ {par {force}}.</p>
<p>b.  forcément ∁ ne sont pas ⊥ ⋀ [<em>x</em>[˥[être]]<em>y</em>] ⊢ {obligatoirement}</p>
<p>b. suppose en fait l&#8217;application de la règle à a. et à c. ;  la chaîne interprétée dépend largement de l&#8217;empan visuel du lecteur :  dans une conversation, c&#8217;est l&#8217;empan auditif qui intervient.</p>
<p>a.  théoriciens ∁ ⊥ de la musique ⋀ ∦[grands compositeurs] ⊢ {musicologue}</p>
<p>La dénotation fait son apparition avec ‘musique’ et ‘grands compositeurs’ ;  on remarque qu&#8217;ils excluent la possibilité de substitution, parce que, comme l&#8217;avait observé Josette Rey-Debove, on sort du langage.  Il serait possible d&#8217;intercaler une application b&#8217;. où le paramètre (locution) φ‘grand compositeur’ recevrait la paraphrase « musicien qui compose », mais on est d&#8217;emblée dans la dénotation, alors il est possible d&#8217;en faire l&#8217;économie.</p>
<p>a&#8217;.  ℝ musique ∁ théoriciens de la ⊥ ⋀ ℕ/ℝ ⊢ ⊲art de combiner les sons⊳</p>
<p>c.  ℝ grands compositeurs ∁ φ⊥ ⊢ ⊲Beethoven ⋀ Mozart⊳</p>
<p>Comme on le constate, les inférences ne sont pas sensibles à leurs objets.  On peut procéder à une inférence à partir d&#8217;une forme lexicale et aboutir à une conclusion notionnelle (dénotation) ou sémantique (sens).  Je ne sais pas quelle représentation mes schnauzers se font du mot ‘récompense’, mais je sais qu&#8217;elle doit être multiforme, puisque le mot constitue un paradigme de friandises, distinct de celui de ‘biscuit’.  Avec l&#8217;ordre ‘la patte’, monosémique, l&#8217;action consiste à dégager la patte de la laisse.  Ne vous avisez pas de leur demander de présenter la patte, ils ne comprendront pas.</p>
<p>Mes sources pour les applications ont été le PL 1918, le PL 2002 ⋀ (et) le PR.  Prochain épisode :  Examen des exemples de l&#8217;<a title="une brique" href="http://www.docschnauzer.net/ref1.html">Essai de sémantique</a>.  <strong>schnauzer</strong></p>
<p><em>Note</em> :  Un tableau des symboles les plus fréquents se trouve sur la page consacrée aux conditions opératoires (où j&#8217;ai ajouté les conditions conjecturales).</p>
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		<title>77.  De l&#8217;asymptote à l&#8217;inférence</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 00:21:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[La phrase de Bergson à laquelle je me suis référé n&#8217;est ni un principe épistémologique ni une vérité incontournable (ni même une véritable observation).  Pourtant, a priori, elle a permis de justifier la mise en place d&#8217;un sens que n&#8217;avait pas ‘asymptote’ au préalable.  Il ne s&#8217;ensuit pas que, comme il l&#8217;affirme dans son argumentation, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La phrase de Bergson à laquelle je me suis référé n&#8217;est ni un principe épistémologique ni une vérité incontournable (ni même une véritable observation).  Pourtant, <em>a priori</em>, elle a permis de justifier la mise en place d&#8217;un sens que n&#8217;avait pas ‘asymptote’ au préalable.  Il ne s&#8217;ensuit pas que, comme il l&#8217;affirme dans son argumentation, que tout nouveau sens corresponde nécessairement à un nouvel objet.  La langue n&#8217;est pas caractérisée par la différence, comme le disait Saussure, sauf à décrire tout système en général (on n&#8217;a pas de système d&#8217;objets semblables, quelque sens qu&#8217;on donne à <em>système</em>), mais par deux phénomènes apparemment contradictoires ou complémentaires, selon le point de vue :  la synonymie et la polysémie.  On pourrait y ajouter l&#8217;homonymie, si l&#8217;on parvient à démontrer qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un phénomène diachronique et non d&#8217;un accident dû aux contraintes propres au système des phonèmes d&#8217;une langue.</p>
<p>La synonymie a de tout temps été contestée en vertu de raisons les unes plus farfelues que les autres, alors qu&#8217;il tombe sous le sens que c&#8217;est le meilleur moyen d&#8217;isoler à peu de frais l&#8217;objet de la sémantique.  Mais ici je ne signale le phénomène que comme typique de l&#8217;encombrement qui accompagne l&#8217;évolution d&#8217;une langue en usage.  Il s&#8217;agit donc, dans ce cas, d&#8217;encombrement des formes.  Avec la polysémie, que certains ont pu voir comme un moyen de création parallèle à la néologie (la néosémie), c&#8217;est le sens d&#8217;une même forme qui se multiplie et se différencie ;  on pourrait y voir une analogie biologique, comme « l&#8217;analogie » pour la multiplication des formes grammaticales (désinences), typique de la <em>grammaire des fautes</em>.</p>
<p>Avant de m&#8217;égarer dans les généralités, je rappelle qu&#8217;il s&#8217;agit toujours de l&#8217;hypothèse de Bergson où le nouveau sens correspond à un nouvel objet.  Pour l&#8217;instant, il importe peu qu&#8217;il soit matériel ou notionnel.  Signalons seulement que la synapsie de Benveniste (machine à coudre, hirondelle de mer, table de nuit) est un exemple de formation combinant la polysémie et la néologie :  néologie, parce que le français ne connaissait que <em>synapse</em> (qui était bisémique, d&#8217;ailleurs, en 1976).  Les phénomènes sociaux ne sont pas sans effet sur la néologie (déferlement néologique à la Révolution française) et il serait intéressant de voir ce qui « motive » une fragmentation polysémique, dehors d&#8217;un désir arbitraire de construire un nouvel « objet de sens ».</p>
<p>J&#8217;ai rencontré des monosémistes, variantes psychologiques des logiciens qui  croient dur comme fer à la monosémie.  Ils expliquent la polysémie par les nuances (comme les logiciens, qui s&#8217;énervent, comme les linguistes en question, quand on leur dit que c&#8217;est un mot — et qui plus est, polysémique —, pas une explication.).  La chose est plus difficile avec la synonymie, car Lyons s&#8217;en est mêlé, après La Bruyère (thèse du mot juste).  Si Dubois <em>et al.</em> (1973) écrivent encore :  La synonymie « n&#8217;est pas indispensable à la langue.  <em>On pourrait très bien exprimer tout ce qu&#8217;on a à dire sans synonymes</em> », c&#8217;est la même thèse qui perdure et qui ne repose pas sur une observation mais sur un préjugé.  Ils ajoutent d&#8217;ailleurs :  « La langue y perdrait notamment une certaine possibilité de variation stylistique. »  Surtout, il deviendrait impossible de comprendre le gros de la production littéraire.  Dans les années cinquante, on a vu naître une grammaire comme cette langue, qui ne rendait pas compte des expressions idiomatiques (qui, à elles seules, représentent environ 1/5<sup>e</sup> des mots recensés d&#8217;une langue.</p>
<p>Mais relisons la phrase précédente :  « On pourrait très bien exprimer tout ce qu&#8217;on a à dire sans synonymes. »  Mais, songe-t-on, de suite, pourrait-on (pour employer le même mode qui trahit l&#8217;avancée d&#8217;une hypothèse) comprendre tout ce qui est dit ?  Et surtout s&#8217;en assurer et en témoigner ?  Mais la thèse antisynonymiste (illustrée et défendue par la plupart des auteurs de recueils de synonymes) n&#8217;est pas la seule à être invoquée de nos jours :  On passe la synonymie (comme la polysémie = &#8220;la langue ordinaire est ambiguë&#8221;) par la moulinette logicienne.  Que ce soit dans une phrase ou dans le lexique comme taxonomie.  Dans ce dernier cas, si <em>x</em> est hyponyme de <em>y</em> et <em>y</em> de <em>x</em>, <em>x</em> et <em>y</em> sont synonymes (autrement dit :  « si la relation est réciproque ou symétrique »).  Un des exemples anglais était, je crois, ‘sort’ et ‘kind’.</p>
<p>Dans le cas de la phrase, ce sont les deux phrases qui s&#8217;impliquent réciproquement.  « Si on a deux phrases P<sub>1</sub> et P<sub>2</sub> différant seulement par le fait que P<sub>1</sub> a une unité <em>x</em> et P<sub>2</sub> a une unité <em>y</em> là où P<sub>1</sub> a une unité <em>x</em>, et si P<sub>1</sub> ⇒ P<sub>2</sub> et P<sub>2</sub> ⇒ P<sub>1</sub>, on pourra dire que <em>x</em> et <em>y</em> sont synonymes. »  L&#8217;absence d&#8217;exemple permet toutes les rêvasseries.  Surtout, on voit mal comment l&#8217;une des méthodes se distingue de l&#8217;autre.  I said nothing of the kind ⇔ I said nothing of the sort.  Je n&#8217;ai rien dit de tel ⇔ je n&#8217;ai rien dit de semblable.  Si je poursuis cette série de billets qui ressemble à une présentation familière de la sémantique, on reviendra sur la question de la synonymie, ou comme il est bon ton de parler de « sens voisin » de nos jours, sur la question des mots de « sens voisins » (ce qui n&#8217;est pas clair du tout, car justement l&#8217;hyponyme a un sens voisin de l&#8217;hyperonyme).</p>
<p>Les considérations de registre ou de syntaxe tombent à plat également car ce ne sont pas seulement les synonymes qui « se distinguent suivant le niveau de langue, les emplois syntaxiques et les expressions figées » (<em>Lexis</em>), mais bien tous les mots connus (j&#8217;essaie de ne pas faire une universelle, qui est absurde en matière de sens), quelles que soient leurs relations :  complémentarité, opposition, inclusion (superordination, subordination), contiguïté, analogie, appartenance, associations (voir le tableau de la page qui y est consacrée ici même).  Il existe en outre des cas de synonymie (chez moi, il faut entendre équivalence) entre catégories lexicales différentes :  « sortez ! » et « dehors ! ».</p>
<p>La discussion de Bally sur cet aspect de la langue et du lexique m&#8217;avait poussé à dessiner un graphique squelettique (sans exemple) des deux phénomènes, mais comme le montre l&#8217;exemple anglo-saxon, <em>sort</em> et <em>kind</em> sont synonymes pour des raisons à la fois étymologiques et polysémiques.  Ils sont synonymes dans plus d&#8217;une acception.  On observerait quelque chose d&#8217;analogue en étudiant la série ‘caractère, caractéristique, trait, propriété’.</p>
<p><img style="width: 308px;height: 281px" src="http://www.docschnauzer.net/polysynon.png" alt="polysynon.png" /></p>
<p>Ai-je oublié Bergson ?  Non.  La question était de savoir si le fait de donner une nouvelle définition (un nouveau sens) entraînait la mise en place d&#8217;un objet nouveau.  Il ne parlait pas de la polysémie (l&#8217;exiguïté du passage ne permet pas de l&#8217;affirmer), mais il est clair que la synonymie n&#8217;est pas une économie de formes.  Pour revenir à l&#8217;exemple anglais, <em>kind, sort, type, group, class</em> ont tous en intersection l&#8217;essentiel de leur sens, et ce qui distingue les deux cités plus haut tient au caractère explicite des « propriétés communes » qui font ce sens.  Un cas analogue existe en français avec ‘espèce’ et ‘genre’, où le rapport d&#8217;inclusion ou d&#8217;appartenance est neutralisé.</p>
<p>Alors que la polysémie ou la polydénotation peut sembler une économie pour les formes, c&#8217;est le contraire qui se produit en ce qui concerne la mémoire.  S&#8217;il nous est probablement possible de reconnaître tous les sens de ‘passer’, il ne nous est pas aussi facile de les énumérer.  D&#8217;ailleurs, sans prendre les cas extrêmes comme celui de ‘être’ ou de ‘chose’, les dictionnaires ne s&#8217;entendent pas tous dans leurs recensements ou leurs découpages en acceptions.  Ainsi pour ‘syntaxe’, le généreux Robert (six acceptions) omet le sens 2 du <em>Lexis</em> ≝ ensemble des faits de syntaxe propre à une époque, un écrivain.</p>
<p>Ce mot (pris au hasard, comme la ‘synapsie’, le dictionnaire étant ouvert à <em>synonyme</em>), a le mérite d&#8217;enrichir les graphiques concernant la dénotation et le sens, car si les définitions de ‘syntaxe’ sont généralement des objets notionnels, assimilables à un sens, chaque dictionnaire relève des redirections à l&#8217;inverse de la tendance générale.  Lexis :  <em>acheter une syntaxe latine</em> ;  PR :  <em>La syntaxe de Sandfeld, de G. et R. Le Bidois.</em> On peut y joindre les deux acceptions du PR, l&#8217;une « régionale », l&#8217;autre une redirection matérielle (matérialisable) et notionnelle :  ≝ En Belgique, Première année du « secondaire supérieur », précédant la rhétorique et la poésie. |  ≝ Inform. Ensemble des règles qui régissent l&#8217;écriture des instructions d&#8217;un programme dans un langage donné.</p>
<p><img style="width: 233px;height: 169px" src="http://www.docschnauzer.net/sens-denota.png" alt="sens-denota.png" /></p>
<p>Si Bergson nous a permis de naviguer dans les mers où affleure l&#8217;asymptote, il nous permet encore, avec son objet nouveau de passer à l&#8217;<em>inférence</em>.  Quoique j&#8217;emploie le mot en français, il est possible qu&#8217;il y ait eu par le passé, surtout quand je vivais dans un milieu anglo-saxon, contagion, mais que l&#8217;on se rassure, à cette époque je parlais uniquement de règle et pour la formulation, je m&#8217;étais tourné vers la phonologie américaine.  Macmillan signale bien qu&#8217;il ne faut pas confondre ‘inférer’ (<em>to infer</em>) avec ‘impliquer’ (<em>to imply</em>).  <em>To imply is to point to a conclusion.  To infer is to deduce a conclusion from something.</em> Donc (<em>ergo</em>), si je ne me trompe, l&#8217;implication est une relation opératoire et l&#8217;inférence est une opération de raisonnement.</p>
<p>Néanmoins, avec l&#8217;autorisation implicite de Bergson, je n&#8217;emploierai pas ‘inférence’ au sens des scolastiques (passage d&#8217;une vérité à une autre dans le carré logique, par exemple, du type, toutes les dénotations sont matérielles T aucune dénotation n&#8217;est matérielle [le T indique qu'il s'agit d'une transformation selon moi]).  <em>Lexis</em> donne des exemples comparables à celui du Macmillan :  <em>From his grades I inferred he was a good student.  On peut inférer de ses déclarations que tout danger n&#8217;a pas disparu.  Peut-on inférer de ce témoignage que l&#8217;accusé est coupable ?</em> À <em>inférence</em>, <em>Lexis</em> donne cet exemple :  <em>La déduction est une inférence.</em></p>
<p>Mais à <em>implication</em>, c&#8217;est la purée de pois, notamment parce que le raisonnement présenté est la propriété qu&#8217;est la transitivité (l&#8217;axiome, « deux choses égales à une troisième sont égales entre elles »).  S&#8217;il est vrai que A = B et B = C, alors A = C.  La formulation est celle de Lalande (1926) :  <em>a</em>ℛ<em>b</em>. <em>b</em>ℛ<em>c</em> ⊃ <em>a</em>ℛ<em>c</em>.</p>
<p>En l&#8217;absence de mon regretté <a href="biblio.html#dm">Dictionnaire des mathématiques</a>, je me suis tourné vers <em>Omnis</em>, mais tout ce qui l&#8217;intéresse c&#8217;est la vérité ou fausseté de <em>q</em> en fonction de celle de <em>p</em>.  Il donne cependant la définition de l&#8217;implication stricte de Lewis.  si <em>a</em> et <em>b</em> sont des expressions bien formées (ebf), <em>a</em> &lt; <em>b</em> si et seulement si <em>b</em> est une conséquence logique de <em>a</em>.   Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;une conséquence logique ?</p>
<p>Je l&#8217;ai souvent dit sur mon site, Prolog est intervenu assez tôt dans la formulation de la règle d&#8217;interprétation idiomatique pour que je puisse en tirer une formule générale, applicable à tous les cas de compréhension et d&#8217;interprétation de formes linguistiques, y compris la coréférence (l&#8217;anaphore).  Le symbole a évolué, jusqu&#8217;à ce que je trouve suffisamment de cas où le signe ‘⊢’ semblait dominer.  Comme je l&#8217;ai signalé dans le dernier billet, il y a un certain flottement autour des symboles (même si l&#8217;on ne tient pas compte des idiosyncrasies des auteurs).  On évitera d&#8217;y voir l&#8217;assertion, pour laquelle, si le cas se présente j&#8217;emploi la forme inverse ‘⊣’.</p>
<p>La caractéristique distinctive de l&#8217;inférence sémantique tient au fait que les conditions sont en nombre indéterminé (c&#8217;est un paradigme) et qui peut recourir à la série des relations comme adjuvant de conjecture, dans la condition conjecturale, introduite par ‘≟’.  Mais aussi, naturellement, au fait qu&#8217;elle a pour point de départ des objets hétérogènes une unité lexicale ou syntagmatique, un environnement immédiat et dans le cas de verbes et des déverbaux surtout, le recours à un module de type [<em>x</em>[V]<em>y</em>], et d&#8217;une suite de conditions.</p>
<p>Une autre particularité, c&#8217;est qu&#8217;elle ne conclut pas à une proposition, mais à une valeur sémantique.  Celle-ci a un statut analogue aux conditions (ce sont des unités du lexique), mais elle doit satisfaire à une contrainte particulière, la substitution à tout ou partie de la forme de départ (la forme à sémantiser).  Techniquement si l&#8217;on omet le terme entre crochets, la définition d&#8217;<em>Omnis</em> pour ‘raisonnement’, fait l&#8217;affaire :  « Un raisonnement [mathématique] permet, à partir de données, ou <em>prémisses</em>, d&#8217;arriver logiquement à une conclusion. »  Certains y verront également une entorse à la logique, mais celle-ci semble déjà une entorse à la langue quand ce n&#8217;est pas au bon sens, alors.  Malheureusement, <em>Omnis</em> se consacre à l&#8217;exposé du raisonnement par récurrence et le raisonnement par l&#8217;absurde.</p>
<p>Le profane retiendra surtout de cette démonstration l&#8217;emploi de termes comme « une propriété du dépende de <em>n</em> » (&#8230;) « quand on la suppose vraie pour <em>n</em> ».  La section sur le raisonnement par l&#8217;absurde nous assure que c&#8217;est un raisonnement quotidien.  Non, je ne chercherai pas à aligner l&#8217;inférence sémantique sur le raisonnement par l&#8217;absurde.  La provision conjecturale me suffit.</p>
<p>La prochaine livraison détaillera la machine infernale, et surtout reviendra sur la contrainte nominaliste dans l&#8217;attribution du sens.  <strong>schnauzer</strong></p>
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		<title>76.  En quoi le sens est-il asymptote ?</title>
		<link>http://schnauzer.asonblog.com/2010/08/25/76-en-quoi-le-sens-est-il-asymptote/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 03:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[sémantique]]></category>

		<category><![CDATA[anallagmatie]]></category>

		<category><![CDATA[asymétrique]]></category>

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		<category><![CDATA[asynaptique]]></category>

		<category><![CDATA[Bergson]]></category>

		<category><![CDATA[Bonald]]></category>

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		<description><![CDATA[Il ne correspond certainement pas à une ligne, courbe ou droite.  Il ne correspond pas non plus à la description qu&#8217;en donne Omnis (à l&#8217;article conique, Larousse 1977) :  « Il existe deux droites X et Y passant par O et appelées asymptotes de l&#8217;hyperbole, telles que, quand un point M situé sur l&#8217;une des branches de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne correspond certainement pas à une ligne, courbe ou droite.  Il ne correspond pas non plus à la description qu&#8217;en donne <em>Omnis</em> (à l&#8217;article <em>conique</em>, Larousse 1977) :  « Il existe deux droites X et Y passant par O et appelées asymptotes de l&#8217;hyperbole, telles que, quand un point M situé sur l&#8217;une des branches de l&#8217;hyperbole s&#8217;éloigne à l&#8217;infini, la distance MH de M à l&#8217;asymptote correspondante tend vers zéro.  Les asymptotes sont symétriques l&#8217;une de l&#8217;autre par rapport à <em>x&#8217;x</em> ou <em>y&#8217;y</em> ».  Je reproduis le graphique correspondant :</p>
<p><img style="width: 355px;height: 308px" src="http://www.docschnauzer.net/hyperbole1.png" alt="hyperbole1.png" /></p>
<p>On se souvient que Farrar (billet précédent) voyait l&#8217;asymptote dans le langage par rapport à la pensée, qu&#8217;il considérait, à juste titre, comme la plupart de ses contemporains et prédécesseurs comme la raison ou l&#8217;entendement.  Bonald inversait le rapport (sans parler d&#8217;asymptote à ma connaissance), mais c&#8217;était toujours le rapport du langage à la pensée ou de la pensée au langage.  Tout un chacun, à cette époque, pouvait toucher du doigt le langage.  Il n&#8217;en va plus de même aujourd&#8217;hui.  Et cela vaut pour la pensée.  Il est de loin préférable de parler d&#8217;activité cognitive, mêler si cela n&#8217;éclaire pas notre lanterne.  La pensée et le langage étaient des privilèges de l&#8217;Ancien Régime qui se sont transmis aux élites intellectuelles du XIX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>On placera le sens dans les activités cognitives — je parle toujours ici du sens linguistique, c&#8217;est-à-dire du sens que l&#8217;on attribue à des suites phoniques ou graphiques reconnues comme des formes d&#8217;une langue.  Pour qu&#8217;il y ait asymptote (même à titre métaphorique) il faut que les objets soient distincts.  Quand quelqu&#8217;un vous assure qu&#8217;il comprend ce qu&#8217;il a écrit, il part du principe qu&#8217;en tant que producteur il connaît son produit, mais ce n&#8217;est pas le cas.  Quand il réentend son énoncé (admettons qu&#8217;il y ait eu enregistrement), ce n&#8217;est pas le producteur qui l&#8217;entend, c&#8217;est un interprète, même si cet interprète reconnaît sa voix.  C&#8217;est encore un interprète qui se relit, même quand il reconnaît « sa pensée » (c&#8217;est surtout sa langue qu&#8217;il reconnaît [comme je ne suis pas saussurien, pas de parole chez moi, mais des langues]).  Si le sens est une asymptote, il n&#8217;a de symétrie avec aucun autre objet, à la différence de deux asymptotes géométriques qui semblent pouvoir l&#8217;être.</p>
<p>La consultation du <em>Gdel - Grand dictionnaire encyclopédique Larousse</em> n&#8217;a pas été inutile.  On y trouve d&#8217;intéressantes variations dans l&#8217;emploi de la notion géométrique de l&#8217;asymptote ;  je reproduis les graphiques pour ce qu&#8217;ils ont de suggestif et non comme modèle réel.</p>
<p><img style="width: 209px;height: 600px" src="http://www.docschnauzer.net/asymptote3.png" alt="asymptote3.png" /></p>
<p>Si je n&#8217;étais pas tombé sur la phrase de Victor Hugo il y a quelque quarante ans, je n&#8217;aurais jamais songé à appliquer une notion de géométrie à la description du sens.  Comme j&#8217;ai toujours le nez dans le dictionnaire, j&#8217;aurais aussi bien pu me servir d&#8217;asymétrie ou d&#8217;asynapsie (l&#8217;asyndète était déjà prise et ne se prête pas à la différence entre ce qui est dit et ce qui est compris).  Même l&#8217;exemple de la relation binaire asymétrique reste en deça de ce qui se produit dans l&#8217;interprétation d&#8217;un énoncé linguistique.  « relation binaire ℛ  sur un ensemble E telle que, <em>x</em> et <em>y</em> étant deux éléments quelconques de E, seule une des deux affirmations (<em>x</em>, <em>y</em>) ∈ ℛ et (<em>y</em>, <em>x</em>) ∈ ℛ est vraie. » [<em>Gdel</em>]. La relation ainsi décrite n&#8217;est asymétrique que par l&#8217;ordre (position).</p>
<p>Ce que j&#8217;avais appelé asymptote au moment où je me décidai à mettre mes travaux en ligne reposait aussi sur un emprunt un peu rapide au stock des symboles mathématiques.  Le Manuel WordPerfect DOS présente en effet ‘≍’ comme le signe de l&#8217;asymptote.  Je l&#8217;ai pris comme modèle de l&#8217;opérateur sémiotique « au sens de » lorsque j&#8217;ai abandonné l&#8217;idée de me servir d&#8217;une imprimante type IBM (à sphère) survivance de la machine à écrire.  Les dénominations varient avec les sources.  L&#8217;inférence (⊢) y est présentée comme l&#8217;assertion et ≍ comme l&#8217;équivalence asymptotique, tandis que le site d&#8217;<a title="symboles unicode" href="http://www.alanwood.net/unicode/mathematical_operators.html">Alan Wood</a>, c&#8217;est ≈ qui l&#8217;est.  On trouve <a title="David Darling, astronome" href="http://www.daviddarling.info/encyclopedia/A/asymptote.html">aussi</a> :  « The ∼ symbol is often used to show that one function is asymptotic to another. »</p>
<p>Retenons ce que le Quillet-Flammarion dit de l&#8217;asymptote (ce n&#8217;est donc pas là que j&#8217;ai trouvé la phrase de Victor Hugo, même s&#8217;il date de 1963 et qu&#8217;il est en ma possession depuis cette date, avec le <em>Larousse classique</em>, plus ancien, 1957) :  « se rapproche indéfiniment, sans que la distance qui les sépare soit jamais nulle. »  Distance métaphorique, naturellement.  Il est également intéressant de comparer les traductions qui sont données du grec.  Le Q-F indique :  « qui ne coïncide pas ».  Le site cité (celui de D. Darling) pour le &#8220;~&#8221; (tilde) explique :  « The word &#8220;asymptote&#8221; comes from the Greek roots a (not), sum (together), and piptein  (to fall), so that it literally means &#8220;not falling together;&#8221; it was originally used in a broader sense to describe any two curves that don&#8217;t intersect. »  C&#8217;est aussi ce que dit Macmillan :  « not falling together ».  Le Larousse classique donne la même paraphrase du grec, mais ajoute une parabole asymptote :  « se dit de deux branches infinies de courbes extrêmement voisines »</p>
<p>Le <em>Petit Larousse</em> 1918 n&#8217;a pas de dessin, mais sa formulation est intéressante :  « Ligne droite qui s&#8217;approche constamment d&#8217;une ligne courbe sans pouvoir jamais la rencontrer ».  Le PL 82, adopte la traduction à l&#8217;anglaise, « tomber avec », tandis que <em>Lexis</em> revient à la forme du Q-F qui la tenait du Quillet (1948), « non coïncidant ».  En furetant sur le site de l&#8217;astronome David Darling, à la recherche de Descartes et du limaçon de Pascal, je suis tombé sur un terme désignant l&#8217;invariance en géométrie, <em>anallagmatique</em> ;  l&#8217;anallagmatie est une propriété invariante pour certaines inversions).  Avec le concours du <em>Gdel</em>, on pourrait ne retenir que le radical grec et son suffixe francisé (sans le préfixe privatif <em>an</em>) pour désigner le fait qu&#8217;une chose change.  Soit, le sens, qui serait alors allagmatique, et deviendrait (souriez) énigmatique de surcroît.</p>
<p>En général, et particulièrement dans les développements qu&#8217;en donne l&#8217;<em>Encyclopædia Universalis</em>, l&#8217;asymptote est associée à l&#8217;infini, au point même de se confondre avec lui, pour un profane, en tout cas.  On n&#8217;observe rien de semblable en ce qui concerne le sens, sauf à pratiquer une gymnastique herméneutique.  Le sens syntagmatique, puisque c&#8217;est là [le syntagme] son lieu d&#8217;élection, en tout cas, ne consiste pas à la poursuite d&#8217;interprétations jusqu&#8217;à une distance proche de zéro, car il faudrait pour cela que le syntagme prononcé ou écrit (le segment produit) puisse être déterminé avec précision et puisse servir de repère, mais comme on s&#8217;y livrerait à une nouvelle interprétation, on ne serait pas plus avancé qu&#8217;à la première (celle que mène l&#8217;interprète à qui était adressé l&#8217;énoncé).</p>
<p>L&#8217;asymptote sémantique est donc un de ces objets d&#8217;une autre sorte dont parlait Bergson à propos de la subjectivité de l&#8217;interprétation et de la définition (bref, de la communication) :  <em>si vous attribuez au mot un sens <span class="bar">radicalement</span> différent de celui qu&#8217;il a <span class="bar">d&#8217;ordinaire</span>, c&#8217;est à un objet nouveau qu&#8217;il s&#8217;applique ;  il sera donc entendu que vous nous parlez d&#8217;autre chose.</em> Hormis les cas de dénotation criante, comme « tu bois dans mon verre », l&#8217;écart entre l&#8217;énoncé produit et l&#8217;énoncé interprété ne peut que gagner en ampleur.</p>
<p>Le sujet parlant (le producteur du discours) et le sujet comprenant (celui qui s&#8217;efforce de comprendre) ne parlent pas de la même chose, sauf dans les cas de dénotation sans détour et en prise directe sur une situation commune aux deux interlocuteurs.  Et la « distance » augmente avec la longueur de l&#8217;énoncé et sa nature écrite.  [Dans le cas du discours parlé, la « distance » augmente avec le temps qui passe et la mémorisation.]  L&#8217;asymptote sémantique est donc un nouvel objet linguistique et sémiotique :  on ne se rapproche pas sans jamais coïncider, comme on ne sait pas avec quoi on entrerait en intersection, mais s&#8217;il y a mouvement, il est aléatoire, asymétrique et allagmatique (sujet à variation).  On s&#8217;aperçoit ainsi que le terme de construction employé plus tôt convient peut-être aux aspects référentiels de la compréhension [construction d'une situation imaginaire ou reconstruction d'un événement], mais non au procès proprement sémantique.  La « courbe référentielle ou sémantique » ne tend pas vers l&#8217;infini, mais l&#8217;inconnaissable ou l&#8217;inintelligible.</p>
<p>Parmi les détails utiles, mais que je tends à passer sous silence, il faut relever la date à laquelle on fixe l&#8217;apparition du mot en français.  1638, mais le TLF pousse l&#8217;amabilité jusqu&#8217;à donner un nom :  Descartes.  L&#8217;astronome cité plus haut (David Darling) pour sa part signale que le terme a été employé par Proclus (Proclos), philosophe grec néo-platonicien du V<sup>e</sup> siècle (de notre ère).  On note aussi l&#8217;extension de l&#8217;emploi (en mathématiques) dès l&#8217;édition déjà ancienne d&#8217;<em>Universalis</em> (1989) qui parle de « calculs et de méthodes asymptotiques » (qui rend l&#8217;équivalence asymptotique par ‘~’).  On notera également que ni <em>Lexis</em> ni le <em>Gdel</em> ne donnent droit de cité à l&#8217;emploi métaphorique.</p>
<p>Récapitulons.  Le sens linguistique (par opposition au sens de la vie ou d&#8217;un acte, d&#8217;une démarche, etc.) est une asymptote dans la mesure où comme objet cognitif {individu peu recommandable} il est asymétrique par rapport à l&#8217;objet cognitif qui a donné lieu à la suite phonique /dro:ldwazo/ ou graphique ‘drôle d&#8217;oiseau’ à laquelle il est attribué.  Dans la mesure, donc, où le sens n&#8217;est pas communiqué, il est asymptotique.  Le sens est également asymptotique, parce qu&#8217;il est asynaptique, comme il ne peut pas rejoindre la « pensée » qui lui aurait donné naissance.  Enfin, il est asymptote parce qu&#8217;il est allagmatique, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il n&#8217;est pas constant, et cette propriété s&#8217;étend au-delà de la pseudo-transmission des signaux qui constitue la prétendue communication.  Le sens est comme la probabilité de Laplace, « relatif en partie à notre ignorance et en partie à nos connaissances ».  [Prochainement :  De l'asymptote à l'inférence]  serviteur, <strong>schnauzer</strong></p>
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		<title>75.  Pourquoi le sens est-il une asymptote ?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Aug 2010 02:12:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>schnauzer</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Métaphore, direz-vous.  À juste titre.  Mais il y a deux sortes de métaphore, du moins en ce qui nous concerne ici.  Celle qui tourne le dos à la dénotation (cf. celle de Faye Kellerman, encore dans The Burnt House, où elle écrit « Within a heartbeat of time (notez), a green suburban landscape had been transformed [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Métaphore, direz-vous.  À juste titre.  Mais il y a deux sortes de métaphore, du moins en ce qui nous concerne ici.  Celle qui tourne le dos à la dénotation (cf. celle de Faye Kellerman, encore dans <em>The Burnt House</em>, où elle écrit « Within a heartbeat of time (notez), a green suburban landscape had been transformed into an unimaginable <em>holocaust of hell</em> ».  Je souligne cette dernière, mais on pouvait retenir aussi celle que j&#8217;ai fait suivre d&#8217;une parenthèse) et il y a le modèle métaphorique ou analogique (qu&#8217;on suppose analogique), ainsi quand les marxistes parlaient de superstructure, ou quand on distingue deux mémoires, la déclarative et la non-déclarative.</p>
<p>Je ne suis certes pas le premier à me servir de la métaphore asymptotique.  Le plus célèbre est sans doute Victor Hugo, le moins aimable pour les animaux, Joseph de Maistre et le plus banal, Balzac.  Je parle de la qualité de leurs exemples.  Hugo devait affectionner l&#8217;asymptote, car on a deux d&#8217;emblée, l&#8217;une dans le PR et l&#8217;autre dans le TLF.</p>
<p>« La science est l&#8217;asymptote de la vérité.  Elle approche sans cesse et ne touche jamais » (Hugo).  <em>Petit Robert</em>.  « La paix universelle est une hyperbole dont le genre humain suit l&#8217;asymptote.  Suivre cette radieuse asymptote, voilà la loi de l&#8217;humanité.  Hugo, Le Rhin, 1842, p. 480. » dans le <a title="asymptote" href="http://www.cnrtl.fr/definition/asymptote">TLF.</a></p>
<p>Maistre (TLF) :  « vous ne trouverez qu&#8217;une asymptote de la raison [dans l'instinct des animaux], qui pourra s&#8217;en approcher tant que vous voudrez, mais sans jamais la toucher ».  Balzac (même source) :  « un de ces libéraux qui, semblables aux asymptotes en géométrie, tendaient toujours vers un portefeuille sans y toucher ».  Plus près du modèle que suppose mon emploi d&#8217;asymptote, cette citation de Frederic William Farrar (1860), auteur d&#8217;<em>An Essay on the Origin of Language</em> :  « Language, in relation to thought, must ever be regarded as an asymptote. »  (Cité sur Wiktionary).</p>
<p>Comme je ne suis ni géomètre ni mathématicien, je ne disserterai pas sur les analogies potentielles entre les trois sortes d&#8217;asymptotes (il y a une oblique) et le rapprochement que je fais.  Le sens est asymptotique par rapport au « vouloir-dire » (l&#8217;intention) du locuteur, dans la mesure où on le situe chez le récepteur, c&#8217;est-à-dire chez le sujet qui interprète.  On pourrait dire, de la même façon, qu&#8217;une traduction est une asymptote de l&#8217;original.  Ou encore, que le modèle de communication est symptotique plutôt qu&#8217;asymptotique.</p>
<p>Je ne puis même pas m&#8217;appuyer sur mon <em>Dictionnaire de mathématiques</em> qui a disparu dans la récente restructuration budgétaire.</p>
<p>Je reproduis ici le dessin qu&#8217;on trouve sur <a href="http://www.answers.com/topic/asymptote">answers.com</a>.  Notez bien que les traits bleus sont les asymptotes.  Évidemment, ce serait plus romantique si l&#8217;asymptote était la courbe, comme il semble qu&#8217;une asymptote puisse intersecter sa courbe, ce qui la met en contradiction avec son étymologie.  Il serait intéressant de savoir si pour Hugo et cie l&#8217;asymptote était autre chose qu&#8217;une métaphore.</p>
<p><img style="width: 136px;height: 162px" src="http://www.docschnauzer.net/asyhyperbole.png" alt="asyhyperbole.png" /></p>
<p>Le passage que je vais citer maintenant est d&#8217;une de mes bêtes noires, mais il a ici une double fonction, confirmant ce qui se passe quand on fait une métaphore et ce qui se passe quand on interprète un énoncé.  Nous laisserons Dieu en dehors de la discussion, comme ce dont il est question ne le regarde pas.</p>
<p>« (&#8230;) il restera à établir que l&#8217;Être ainsi défini, ainsi démontré, est bien Dieu.  Alléguerez-vous qu&#8217;il l&#8217;est par définition, et qu&#8217;on est libre de donner aux mots qu&#8217;on définit le sens qu&#8217;on veut ?  Je l&#8217;admets encore, mais si vous attribuez au mot un sens radicalement différent de celui qu&#8217;il a d&#8217;ordinaire, c&#8217;est à un objet nouveau qu&#8217;il s&#8217;applique ;  vos raisonnements ne concerneront plus l&#8217;ancien objet ;  il sera donc entendu que vous nous parlez d&#8217;autre chose.  Bergson, <em>Les Deux sources de la mor. et de la relig.</em>, 1932, p. 256. » dans le TLF.</p>
<p>Bergson ne parle pas de métaphore et encore moins de théorie sémantique, mais pour mieux situer ses paroles dans notre domaine, isolons la partie qui nous intéresse, en retranchant le raisonnement (auquel on reviendra un autre jour) :  <em>si vous attribuez au mot un sens radicalement différent de celui qu&#8217;il a d&#8217;ordinaire, c&#8217;est à un objet nouveau qu&#8217;il s&#8217;applique ;  il sera donc entendu que vous nous parlez d&#8217;autre chose.</em></p>
<p>On peut même se dispenser du « sens ordinaire », car Bergson ne ferait croire à personne qu&#8217;il parle de façon ordinaire.</p>
<p>S&#8217;il est vrai (à titre d&#8217;hypothèse au moins) que le sens est construit par celui qui reçoit l&#8217;énoncé et le comprend (et pour cela, il doit l&#8217;interpréter), il importe peu que la ligne soit droite ou en vrille, ou même qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un chilioèdre.  Bien que la langue ait prévu le cas, avec une extension, « p. ext.  branches de courbes se rapprochant indéfiniment l&#8217;une de l&#8217;autre sans se toucher. »  (TLF).</p>
<p>Au sujet du sens ordinaire et de l&#8217;asymptote cognitive, bien que je répugne à fabriquer des exemples, prenons le cas de celui-ci :  (a) « l&#8217;arbre tombé barre la route », que l&#8217;on comparera à (b) « les manifestants barrent la route », et à (c) « la police barre la route ».  ‘obstruer’ ne convient qu&#8217;au premier.  Rien n&#8217;empêche toutefois ni les manifestants ni la police de barrer la route au moyen de quelque chose qui l&#8217;obstrue, mais comme le remarque le TLF, « une personne peut aussi barrer un passage », mais pas tout à fait de la même manière.  La ‘route’ n&#8217;est pas nécessairement la même dans les trois cas.  En (c), la police pourrait le faire sur une « route dénotative » en raison d&#8217;un accident ou d&#8217;un transport dangereux.  En (b) et en (c) la route pourrait être un parcours prévu (passage).  On note que je laisse à l&#8217;écart la locution ‘barrer la route à qqn’.</p>
<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse donc de la dénotation ou du sens, le principe de l&#8217;asymptote s&#8217;applique.  Comme j&#8217;ai cité le TLF, on peut s&#8217;étonner que je passe sous silence Bonald (on mettrait ça sur le compte de ses choix sociaux qu&#8217;on ne serait pas loin de la vérité, mais en fait, c&#8217;est que je ne voyais l&#8217;asymptote du même œil que lui).  Je le cite pour éviter toute confusion.</p>
<p>« &#8230;dans la démonstration des asymptotes, que personne ne révoque en doute, la raison et l&#8217;imagination sont en opposition formelle; car la raison se démontre à elle-même par le calcul que deux lignes, prolongées à l&#8217;infini et s&#8217;approchant toujours, ne peuvent jamais se rencontrer ;  l&#8217;imagination, au contraire, se figure nettement que deux lignes, s&#8217;approchant continuellement, doivent finir par se rencontrer en un point  (&#8230;).  Bonald, <em>Législ. primitive</em>, t. 1, 1802, p. 249. » (dans le TLF).</p>
<p>À deux cents ans de distance, mon imagination donnerait plutôt raison à ce qu&#8217;il appelle « la raison ».  Le hasard a voulu que je vérifie ce que je savais du bonhomme et que je tombe sur <a href="http://www.proverbes-citations.com/bonald.htm">un site</a> que je me permets de citer, mais à qui je laisse tous les droits (je ne voudrais pas passer pour un propagateur du bonaldisme politique ou philosophique).  On mettra peut-être un bémol au fait que le TLF le cite dans l&#8217;acception géométrique de l&#8217;asymptote, alors que la pensée de Bonald est plutôt analogique, car je n&#8217;ai pas manqué de relever cette phrase, modèle de proportionnelle.</p>
<p>« La littérature est l&#8217;expression de la société, comme la parole est l&#8217;expression de l&#8217;homme. »</p>
<p>Voilà pour la première citation, la seconde est tirée du commentaire biblio-biographique de l&#8217;auteur du site (qui lui prête une « théorie métaphysique du langage » qu&#8217;il résume par cette formule :  « L&#8217;Homme pense sa parole avant de penser sa pensée. »  Et qu&#8217;il explique ainsi :  « La pensée est postérieure à la parole.  L&#8217;Homme ne l&#8217;a pas inventée.  Il ne pense pas sans le secours du langage ;  il ne parle pas non plus sans la pensée*.  Le langage est alors la clé de toute organisation sociale.  Peut-être Bonald est-il ainsi un lointain précurseur du structuralisme linguistique ? »</p>
<p>Si le structuralisme linguistique est celui que je pense (même si je suis pas structuraliste), il ne voudrait pas de Bonald comme ancêtre.  À tout prendre, dans cette période, Destutt de Tracy me semble plus prometteur.  Mais on voit que la pensée analogique de Bonald, opposée au Contrat social et à la démocratie, s&#8217;en remet au Verbe.  C&#8217;est une théorie théologique du langage.  On voit les dégâts que peut entraîner une pensée métaphorique.  Mais Laissons Bonald pour une autre fois.</p>
<p>Erreur, mes doigts m&#8217;ont porté sur Wikipedia, où j&#8217;ai découvert presque textuellement la citation que je faisais.  Je me dois donc de rectifier l&#8217;impression en citant le texte tel qu&#8217;il apparaît <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Bonald">ici</a> :</p>
<p>« Sa doctrine du conservatisme social repose sur une théorie du langage : &#8220;l&#8217;Homme pense sa parole avant de parler sa pensée&#8221;, l&#8217;Homme ne peut pas exprimer ses idées s&#8217;il n&#8217;a aucune idée de comment les exprimer.  L&#8217;Homme ne peut donc penser sans la parole, la pensée vient donc après le langage, elle y est liée, l&#8217;Homme ne peut donc pas l&#8217;inventer.  C&#8217;est Dieu [diable !]** qui a fait don de la parole à l&#8217;humanité en même temps que la pensée touchant les vérités sur la religion, la morale et les fondements de l&#8217;ordre social.  Une société ne peut être envisagée sans le langage, c&#8217;est donc la clé de voûte de toute organisation sociale.  Louis de Bonald est également vu comme un précurseur du structuralisme linguistique. »  Vu par qui ?  Nous sommes de la revue.</p>
<p>Mais alors, le sens asymptote, c&#8217;est quoi ?  Voir la prochaine livraison.  <strong>schnauzer</strong></p>
<hr />*Le psittacisme de <a title="sur le psittacisme" href="http://www.docschnauzer.net/biblio.html#lodug">Louis Dugas</a> lui donnerait tort sur ce point.  **Les crochets et leur contenu sont de moi.</p>
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