65. Brève sans comptoir

Acte de présence plutôt.  Je viens d’apprendre sur la page Oueb de Libé qu’un père de famille s’était suicidé après avoir tué toute sa famille… et qu’il était sous antidépresseurs.  Je me suis aussitôt demandé quelle marque et quelle dose et les prenait-il régulièrement ?  Moi-même, surdosé, si je les prends au moins toutes les vingt-quatre heures, je ne suis pas chronométré.

Sans faire de mauvaise publicité, je prends une marque d’origine danoise.  Le surdosage n’a pas d’autre effet négatif que le vertige et les pertes d’équilibre (physique), mais il ne fait que contribuer à l’effet général des autres médicaments 1) hypertension (2 types), 2) goutte, 3) sommeil (2 types) avant le dodo.  Le clonazépam est en dose minime (je n’ai jamais été tenté de doubler), mais avec l’hydrate de chloral la tentation, en cas d’agitation, est souvent trop forte et j’ajoute une cuillerée (2,5 ml), mais pas ces temps-ci.

L’idéation suicidaire est variable.  Mais trop souvent je revis des épisodes pénibles (à l’état de veille comme en rêve, c’est-à-dire en cauchemar).  Je dirais comme le poète, il n’y a pas de rêve heureux.  Mes schnauzers sont mes meilleurs antidépresseurs, même si quelquefois leur enthousiasme m’excède.  Je prends la grosse voix ou je tape dans mes mains pour les rappeler à l’ordre.  Ils prennent alors un air qui va du perplexe à l’inquiet.  Comme toute peine mérite salaire, ils savent que je finis par leur donner quand même leur récompense.  La conséquence des enfants gâtés (drôle de tournure) c’est leur tyrannie.

Je pense en outre que le garçon aîné devient un peu sourd et ne se rend pas compte qu’il aboie très fort, sa soeur (même portée), elle, ce sont les cataractes.  Ils ont douze ans, suivi par Zoé, onze ans et Moustache, dix ans et demi.  Même famille.  Le vétérinaire prétend qu’ils sont gris, mais il n’y a pas de schnauzers gris.  En réalité ce sont des poivre et sel qui passent le plus clair de la journée dehors quand le temps le permet (et que je ne dors pas pour chasser les idées noires qui reviennent au galop).  Ils ont en fait une couleur argentée, sauf Zoé qui est moins portée sur le plein air.

Leur cousin américain (qui figure sur ma photo) qui nous a quitté il y a sept ans était poivre et sel, mais il a vécu en appartement à Montréal jusqu’à l’âge de neuf ans ; nous sortions trois ou quatre fois par jour (et même la nuit), mais on ne voyait pas souvent le soleil.

J’ai entamé la collecte et l’analyse d’un corpus de phrases pour essayer de vider la question de la dénotation.  Cela ne se fera pas sans mal, car il est parfois très difficile de départager a) le notionnel du sens et même b) la dénotation matérielle du sens quand il s’agit de verbes, décrivant notamment des actions.  C’est pourquoi j’ai mis à jour le sagittal des relations (leur représentation sous forme de sémiogramme fléché), modèle graphique des catégories cognitives de l’ancienne grille d’intelligibilité.  Le sagittal des relations est ici sur la page “relation”.  Je dois m’assurer que “sens et dénotation” comporte aussi celui des catégories.

Oui, c’est le travail, comme une taupe, qui me sauve sans doute.  Allusion à ma forte myopie d’enfance, que le chirurgien m’opérant des cataractes a réglé en plaçant des lentilles dans l’oeil.  Je porte quand même des lunettes quand je suis devant l’écran de l’ordinateur (plus de télévision par économie).  Seul cet acharnement, malgré la propension à l’erreur quand je ne suis pas en forme [ce qui est fréquent], peut lutter contre les épisodes que je considère semblables à l’ecmnésie de l’hystérie :  surgissement irrésistible de situations humiliantes passées, à propos de rien.  schnauzer

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