52. Travailler sur un filet, vaille que maille
31 mars 2010On s’attendrait à “travailler sans filet”, mais c’est ce que je fais toujours quand je me risque à tâter de la logique. Je viens encore, page quatre d’AZ de corriger ma formulation symbolique erronée du principe de non-contradiction. Mais je veux dire “treillis” (pas celui des militaires), ou toile, pas la trame, qui n’est que transversale. C’est la nature d’Az qui m’oblige à faire des allers-retours d’un point à un autre, même si ma progression est et reste alphabétique. Page 4, arrivé au terme “contrainte”. Mais hier j’ai inséré une nouvelle fiche à Stemma (page 14) et encore aujourd’hui je l’ai retouchée, en y ajoutant deux graphiques.
Le plus rigolo, c’est qu’il ne s’agit même pas de sémantique, mais de la syntaxe de Tesnière (1893-1954), posthume (1959), mais il emploie des termes qui apparaissent aussi dans mon vocabulaire technique : connexion, subordonné (il ne semble pas avoir superordonné, mais régissant).
Ce n’est qu’après ma thèse d’État (1987) que je me suis intéressé aux relations alors réputées logico-sémantiques. Il faut comprendre que le “logico-” me tenait à distance. Je n’avais jusqu’alors travaillé que sur les rapports que présentent les unités lexicales (lexèmes ou morphèmes [comme les prépositions]) et sur les figures de rhétorique assimilables à des rapports (cf. métaphore = analogie ; synecdoque = partie-tout, etc.). La plus courante des relations logiques et la plus faussement représentée dans le lexique est certainement celle qui lie l’espèce au genre et inversement. Le genre prochain prend souvent le nom de générique (hyperonyme), mais il n’a pas la capacité de structurer tout le lexique, comme on le prétend.
“Qui tranquillise” ne constitue pas le genre prochain de tranquillisant. Je n’ai pas eu à chercher loin, il m’a suffi de me pencher à gauche, sur mon vieux Larousse de 1918, à la page où sont illustrés deux sortes de tramways. Mais pas de générique véritable pour tranquilliser, tranquillisant, tranquillement, tranquille. Mais Tranchet, et tranchoir sont adéquatement pourvus.
Ce n’est pas le seul écueil qui guette l’importation des notions de logique en sémantique. Mais comme on le voit, je me suis éloigné de ce que je signalais à propos de la révision d’Az : on travaille souvent par ricochet. de Contradictoire on est renvoyé à Incompatible, etc. Et dans le mouvement, on s’aperçoit qu’une contradiction logique n’a pas d’équivalent dans la langue pas plus que dans la description sémantique. L’opposition (qui est le superordonné de la contradiction) se définit sémantiquement par une intersection, que les événements incompatibles rejettent. On peut alors se poser des questions sur la toute-puissance que Sheffer ou ses disciples attribuaient à l’incompatibilité pour définir les autres connecteurs (ou opérateurs). À revoir. Au revoir. schnauzer