Archives de octobre, 2009

35. Panne d’une autre sorte

25 octobre 2009

Depuis un moment (ma dernière livraison ici), je ne devrais pas avoir à me plaindre.  Je travaille régulièrement et de façon continue.  Mais cet adverbe et assimilé ne devraient pas être pris à la lettre.  Si la présence est là et que les pages s’allongent au point de justifier une coupure au milieu, cela ne rime pas nécessairement avec satisfaction.

À la fin de la page 4, j’avais intitulé une section « essai d’inventaire des opérations cognitives pertinentes » :  je dois confesser que le résultat est moins pompeux que le titre.  Naturellement, je comptais beaucoup sur mes sources, et ce serait trop facile de leur faire porter la responsabilité puisqu’ils ont tous passé l’arme à gauche.  Ce serait également malhonnête.  C’est bien moi qui retiens tel extrait et l’exploite à ma façon.

Néanmoins, je dois reconnaître que les morceaux de bravoure de nos devanciers sont plus nombreux que leurs bilans « clairs et distincts ».  Par morceau de bravoure j’entends les élans à la Bergson, ou la comparaison que Delacroix entre la compréhension de la lecture et la mélodie.  D’ailleurs, chez lui, quand Bergson s’absente, on a droit à une version grand public des axiomes saussuriens.  Je ne pouvais pas m’en apercevoir à vingt ans ;  ce n’est que plus tard (beaucoup plus tard) que j’ai commencé à me méfier des épithètes promues au statut de métaphores et du lyrisme corrélatif de la pensée aux abonnés absents.

Soyons juste, dans ma phase jeune écrivain (18-28 ans), j’étais uniquement préoccupé par le « bien écrire », la forme.  Je gobais donc tout ce qui me permettait d’enrichir mon style en formation, issu d’une scolarité qui ne se prêtait à mes prétentions littéraires.  Dans la phase vieil étudiant qui a suivi (29-36), je me suis efforcé d’être un bon singe, comme je le disais à ma compagne.  Bonnes notes jusqu’en maîtrise où j’épousais avec facilité le discours idéologique du moment.  Au doctorat de troisième cycle, je suis heureusement tombé sur Greimas, même si Pottier a mis son nom sur la couverture ;  il semble que j’aie été un objet d’amusement pour Greimas qui qualifait ma thèse d’autogérée.

Je ne dirai rien de la formation de combat dirigée par Robert Martin à ma soutenance d’État, où Pottier semble avoir été l’objet de pressions.  Mais le déjeuner de soleil était déjà chose du passé.  Il doit y avoir une règle non écrite (ou gravée dans un coin obscur de toute université) qui stipule que la pensée autonome sera durement sanctionnée.

Bon, me voilà victime de mes fantômes.  Mais surtout de mes excès.  Rien ne justifiait l’accumulation de trois cent pages A4 de notes.  Et plus le tri s’affinait, moins j’avais de chances de m’y retrouver.  C’est le corollaire d’une classification :  multipliez les catégories (les classes) et vous risquez de perdre de vue leur motivation.  D’ailleurs mon critère de tri a évolué en cours de route.  Au départ, et en principe, il ne devait correspondre qu’aux « pages », devenues chapitres, en raison de leur taille.  Mais en voulant affiner les critères, le résultat a été compromis et il devenait difficile de savoir s’il s’agissait d’abstraction, de généralisation, de genre ou de tout autre chose.

Là-dessus se plaquent les problèmes logistiques.  Naturellement, je prévois un autre passage, après la rédaction du chapitre sur les synonymes, le treizième, sauf si le temps imparti est écoulé ou que mes moyens intellectuels ne soient pas au rendez-vous.  La taille des pages est surtout une affaire de connexion lente, ici, dans mon bled.  Alors, arrivé à cent vingt kb je coupe en deux, car je sais qu’à un repassage (c’est vrai qu’il y a des parties fripées), j’ai tendance à ajouter un alinéa ou deux.  Bon, je retourne à mes casseroles. À suivre. schnauzer.

34. Reprise

19 octobre 2009

Pas de quoi célébrer, mais depuis deux jours, avec un trou entre, j’ai repris le collier.  C’était bien une panne psychologique, mais il y avait quelque chose comme de la lassitude en face de la masse de matériaux à analyser, sélectionner, placer là où le candidat aurait le plus d’effet, etc…

Puis, logiquement, une impression de livrer un combat d’arrière-garde avec des morts, tirés d’un sommeil sinon mérité néanmoins éternel, par un irrespectueux farfelu incapable de se payer une bibliothèque à jour.

Ce repos forcé (le mien) a un effet sur les reprises :  je me mets à tartiner de mon propre chef, ce qui me paraît injuste envers nos illustres pionniers.  Mais je suis surpris de voir à quel point certains auteurs qui m’avaient d’abord paru sérieux ne résistent pas à une lecture exigeante.

Je me fais peut-être des idées, mais Goblot, sur qui je misais beaucoup, me fait faux-bond à la relecture.  Il a une fâcheuse tendance non pas à donner suite à une idée, mais à la rallonger.

Comme on allonge une une sauce ou une table, mais sans la nappe, ça n’est pas du plus bel effet (je ne parle pas de la sauce).  Comme ses fameux jugements virtuels (dont on ne sait s’ils sont possibles ou implicites — sens de Leibnitz) ;  et cet emploi de « c’est-à-dire » justement à contre-sens, puisqu’il ajoute au lieu d’expliciter.  Par économie, j’ai changé de café, ce doit être cela.  À suivre, sans fanfares ni trompettes, à la manière d’un convoi funèbre.  schnauzer. REM  mes schnauners profitent des derniers rayons de soleil encore chauds… alors que le fond de l’air qu’on sait assez frais remonte ;  je les envie.  Toujours dans la chronique canine, J’ai vu une de mes petites femelles, se nettoyer les yeux, répétant à sa façon, avec le « poignet » de chaque patte le même geste.  L’instant d’après (après mes compliments à ma petite Einstein qui adaptait ce que je fais avec ses yeux depuis quelques mois), son frère se livrait au même geste, mais de façon moins soignée et moins soutenue.  Leur intelligence continue d’être pour moi une joie renouvelée.

33. Panne

14 octobre 2009

J’avais terminé un peu vite les sections sur la langue et la pensée et les lois, sans leur donner une conclusion les motivant autrement que par les lectures qui ont couvert une centaine d’années (1840-1940).  Je n’y étais pas non plus à mon aise, en somme.  La Pensée au sens métaphysique (pour employer une expression dépourvue de sens) ne m’a jamais passionné.

La panne est intervenue quand mes efforts pour retrouver un horaire sérieux m’ont fait lever à cinq heures pour me recoucher à dix heures, me relever à dix-neuf heures et recoucher à minuit… Cela coïncidait avec le chapitre trois (dis3) et une matière où je me sens comme un poisson dans l’eau.  Mais pour rester dans l’aquarium, me voilà ventre en l’air.

Deux jours déjà.  Mais c’est une panne de trop, car elle compromet tout le projet.  On verra au retour de Montréal, si je réussis à m’y rendre.  à suivre… schnauzer.

32. Pas la joie

11 octobre 2009

La section sur les principes a souffert du coup d’hier.  Je croyais quand même avoir une marge un peu moins juste.  Levé plus tôt, mais pas de quoi pavoiser.  Faut pourtant que je me débrouille pour me lever avant 7 heures mercredi matin ;  le rendez-vous pour l’injection de B12 est à 8h00 et ensuite je prends la direction de Montréal.

Je n’ai pas encore rempli le sac.  Il n’y a pas de tri à faire, mais je dois au moins rapporter de quoi tenir 4 semaines.

J’ai coupé court au relevé des principes.  Ce n’est pas là que je trouverai de quoi appuyer mes hypothèses.  Je crois que j’ai autant de méfiance pour la logique ancienne que pour ses formes modernes.

La section sur la méthode reste en l’état.  Je ferai court aussi pour les lois.  En réalité, les philosophes et logiciens du XIXe siècle (jusque vers 1940, sont assez légers dans leur emploi des deux termes, loi et principe.  On parle du principe de déduction et on vous présente la règle de transitivité :  si A = C et B = C, alors A = B. On notera que ce n’est pas valable pour (A ⊃ C et B ⊃ C) ⇏ (A ⊃ B).  Toutes les relations ne sont pas transitives.

Il arrive même que des lois soient des principes et inversement.  En consultant le Petit Larousse de 1918, je m’aperçois que loi signifiait même religion à une époque :  loi ancienne (celle de Moïse), loi nouvelle (celle de son « successeur »).  Définition intéressante dans le cas des lois de la pesanteur :  conditions nécessaires dérivant de la nature des choses.  Et pourtant Meyerson y voyait des règles.

Au prochain numéro. schnauzer.

31. Petits calculs = grands maux

10 octobre 2009

Ce n’est pas tout à fait le blogue des lamentations, mais on n’en est pas loin.  Peu travaillé aujourd’hui, beaucoup dormi.  Le moral est très bas, comme d’ailleurs mes ressources.  J’ai un moral économique, et je ne veux pas dire économe :  je le fais directement dériver du solde de mon compte en banque.  Je ne sais pas comment ça s’est produit, mais après la facture d’électricité (normale malgré l’augmentation du coût des électrons), et les deux versements sur les cartes de crédit qui venaient à échéance, il ne reste que 162 dollars.  Inutile d’être mathématicien pour savoir que le téléphone, l’essence et l’assurance sur la maison me feront déborder dans le découvert.  La dernière carte et le versement sur la location de la voiture sortent heureusement d’un autre compte, mais dont les jours sont comptés.  Moi-même, il se pourrait que je bénéficie d’une prolongation de trois mois, mais la neige sera encore là quand je mordrai la poussière (une pharse à faire rigoler Flabert).

L’humeur n’était donc pas à me coltiner les principes logiques.  Néanmoins, la page a déjà 82 ko.  Si je me propose de passer en revue tous les matériaux accumulés sous le titre de « principes », il me faudra probablement faire une page bis, surtout si je m’entête à vouloir parler de l’obsession nomologique des sciences et des philosophes & psychologues.  Je n’ai d’ailleurs pas traités tous les matériaux que j’avais déjà transportés dans la page dis2 ;  ils restent sous le titre à intégrer, suivi d’une ⇩.

En réalité, à propos des principes, je partage la méfiance de certains des auteurs que j’ai lus.  J’avais eu recours à cet artifice, à l’époque de ma thèse d’État (en 86-87), en pleine éclosion de la maladie qui m’a valu de me retrouver au ban de la société, pour cerner le mieux possible un champ de recherche assez particulier, puisqu’il cessait de considérer la langue et ses manifestations sémiotiques comme des « êtres ».  En faisant du sens une série d’opérations, je ne rejoignais certainement pas le club des empirio-behavioristes, mais je tournais le dos au dogme saussurien qui donne aux mots un sens par leur opposition, indépendamment du locuteur-interprète.

De toute façon, de Saussure ne reconnaît pas vraiment le sens (pas plus que la signification) :  le signe a un signifié et les mots des valeurs.

Normalement, sauf distraction de ma part, dans mon discours, un mot ne prend pas un sens dans tel contexte, pas plus que tel contexte ne donne ce sens à tel mot.  Ce sont là les conditions dans lesquelles un sujet attribue un sens ou un autre.  Je ne nie pas la langue comme fait social (l’institution de Saussure), mais je n’en fait ni un code ni une loi prescrivant tel sens à telle forme.  Quand nous apprenons à parler, il y a nécessairement antériorité des interprétations qui ont graduellement constitué les dictionnaires.  Mais personne, sauf la regrettée Josette Rey-Debove, ne pouvait dire qu’elle connaissait le dictionnaire (comme elle l’avait fait).  Il devait tout de même s’agir d’une boutade, puisque 300 000 sens c’est beaucoup pour 60 000 formes.

Pour se faire une idée, si un roman moyen a 200 000 mots, en français, il y aura une redondance de 50 %, qu’on ne retrouve pas dans les 60 000 formes et pas au même degré pour les sens,

Nous apprenons de nos parents, de nos instituteurs, de nos professeurs, de nos camarades, de la télévision, des journaux, des films, de nos lectures, mais la stabilité d’attribution tient soit à la rareté du terme (éristique), soit à son usage courant et figé.  Dans mon texte plus tôt dans la soirée, je donnais l’exemple de ‘pipe’, à propos de ce que j’appelais plaisamment le principe d’inertie sémantique, où en l’absence d’une condition sur le sémantisme, le sens le plus probable est le plus direct, soit ≝ {tuyau terminé par un petit fourneau qu’on bourre de tabac}.  Les conditions potentielles étant (sur la foi du Robert) :  casser sa, se fendre la, tête de, d’alimentation/d’aération, faire, tailler une…

À part les rêves (souvent des cauchemards), le boulot (je veux dire ce que j’écris sur mon site) et mes chiens, je n’ai pas d’autre refuge et si je ne les avais pas, je sombrerais tout à fait.  Chronique d’une fin annoncée. [à suivre, au numéro suivant.] schnauzer.

30. Obsession

9 octobre 2009

Hier, je voulais tellement finir la section que j’avais commencé la veille que j’ai travaillé huit heures de suite, avec une pause d’une demi-heure pour restaurer les schnauzers, patron compris.  En fait, le patron c’est en réalité le plus fort et le plus âgé, le beau Zig, dont j’ai découvert l’intelligence très tard, enfouie qu’elle était sous une affectivité envahissante et autotraumatisante.

C’est peut-être de la projection de ma part, mais le plus jeune, que j’ai récupéré in extremis d’une situation carcérale, a également souffert ;  depuis deux mois il vivait dans une cage dans une animalerie perdue dans le dédale du sous-sol d’un centre commercial.  J’accompagnais une amie (d’alors) qui voulait voir les iguanes.  C’est alors qu’au fond du magasin, je vois une boule poivre-et-sel que je reconnaîtrais même dans la pénombre.  Il se lançait d’un bout à l’autre de la cage, comme les fauves en cage justement.  Mais il a aussi souffert des visiteurs des animaleries qui veulent tenir les chiens sans intention de les adopter.  Il a gardé une méfiance instinctive, si l’on vient derrière lui ou si l’on trouble son sommeil.

Zig, lui, avait souffert de la personnalité de son aîné d’alors, mon vieux Galopin, qui voyait d’un très mauvais œil son successeur et l’a élevé à la dure.  Puis il y a eu les fugues…

Chaque chien a son histoire.  Et quand Galopin est « parti », je me lamentais devant lui, avec lui, pratiquement, que toute son expérience, tout son savoir ne pouvaient pas être transmis.  Il avait voyagé ;  France, Belgique.  Il avait reconnu ma famille comme telle.

Sentimental, peut-être.  Surtout inquiet de la tâche qui m’attend et du peu de temps qui me reste.  s’il me faut deux jours pleins pour m’acquitter d’une section, je ne suis pas sûr de pouvoir terminer.  Et la fatigue, dans mon cas, ne se dissipe pas d’un jour à l’autre ;  une part importante est reportée au lendemain.

Je vais numéroter mes livraisons, pour m’y retrouver.  Souci d’intendance un peu futile, mais c’est ce genre d’obsessions qui me donnent un semblant d’existence.  Néanmoins, il faut que je trouve le moyen de réformer mon horaire si je veux la semaine prochaine aller vendre les disques qui me permettront de nous alimenter un mois de plus.  Il y en aura encore en novembre, puis, ce sera les livres, en moins grand nombre, et moins profitables.  Il y a quelque chose du paradoxe de brûler de l’essence (chère) sur 180 km.  Équilibrisme ?

Au numéro suivant.  schnauzer.

Deuxième acte de présence (29)

7 octobre 2009

Le cheval de Troie a mauvaise réputation depuis que l’informatique l’a enfourché (et j’ai tendance à l’écrire comme la commune de l’Aube, Troyes), mais c’est à cela que j’assimile ce que le technicien a fait dans ma machine, en pensant me faire plaisir.  Résultat, un tas de programmes de Microsoft me sont fermés parce qu’il les a installés sous un nouveau nom, alors que les fichiers récupérés fonctionnaient sous un autre.  La solution, c’est de dédoubler une partie de Documents and Settings.  Plutôt que de refaire l’installation comme je l’entends (j’ai assez pris de retard), mais Word m’est fermé, quoique je fasse.  La solution, installer un vieux WordPerfect.

En effet, je viens à peine de commencer la rédaction.  J’ai comme qui dirait un embarras de richesses, d’emblée, car je ne comptais pas vraiment tartiner longuement sur les rapport de la pensée et du langage.  Si ce dernier ne m’est pas un inconnu, par la force des choses, la « pensée » ne m’est connue que par les opérations dont je suis conscient.  On peut parler de pensée inconsciente quand il s’agit du champ freudien (pas toujours mélodieux).

En fait, j’abandonne les notions d’esprit et de raison, même si les auteurs que je citerai en font état.  Il y en a certains qui mettent l’âme dans le bain.

Évidemment, ça fait pédant de parler d’activité psychique et d’activité cognitive, mais c’est plus efficace que d’essayer de faire passer un autre sens en se servant du mot « pensée » qui sera toujours interprété avec une plus grande marge d’erreur.  La thèse de l’asymptote n’est pas une blague.  Ce qu’il est convenu d’appeler communication ne correspond en rien à ce qui se passe.  Même le terme de transmission n’est vraiment valable que pour les machines et les phénomènes physiques (la « chaleur », etc., même si la physique actuelle ne les reconnaît pas).

Le son ne « passe » pas ;  il est entendu (perçu).  Le sens, lui, c’est pire.  Que chacun se débrouille.  Quand on dit que deux personnes n’ont pas la même opinion sur un roman qu’elles ont lu, il faut comprendre qu’elles ne parlent pas du même livre, puisque chaque lecture est personnelle et a fortiori incommunicable, ni même reconstructible à l’identique.  La reconstruction reste une affaire individuelle.

Décourageant ?  Pas plus que de savoir que le temps nous est compté.  Les sociétés humaines sont « bâties » sur des mythes, qu’elles sécrètent elles-mêmes.  Voilà pour la métaphore, mais il y a moyen de le dire sans jolis mots.  La société est un mythe et elle ne peut durer qu’en produisant de nouveaux mythes.

Me voilà mangé aux mythes.  Demain la suite, même si Hume n’y croyait pas.  Je vais essayer de ne pas être trop dur avec nos devanciers (ancêtres).  Après tout, ils ne m’ont rien fait, si l’on fait abstraction de l’effet parfois déplorable de leurs propos.  [À suivre.]  schnauzer.

Acte de présence (28)

4 octobre 2009

Il y a des jours comme ça.  Deux pour être exact [en fait, désormais, trois].  Passés à la limite de la confusion mentale, en train de remettre en état la machine.  Oh, le technicien a bien fait la réinstallation de Windows, mais à sa façon, qui n’est pas la mienne, et qui est loin de correspondre à « l’image » que mon disque externe possédait.  Il reste trois ou quatre programmes dont je ne pourrai sans doute plus me resservir.

En fait, c’est en partie la fausse confiance que donne ce genre de logiciels (les images) qui me faisait supposer que je pourrais toujours récupérer les infos.  Faux.  J’ai quand même fait acte de présence [hier] dans DIS, triant le fichier des opérations de l’intelligence (tiens! où était-elle, la mienne, ces deux [trois] derniers jours ? ).  Pas hier, hier j’étais rapetassé affectivement et chez moi l’affectivité affecte considérablement et défavorablement la conduite des activités des facultés dites supérieures.

C’est ce que les Américains appellent tunnel vision, transposé dans le système psychique.  Capable de ratiociner sur l’éther impondérable ou la pertinence de la notion de genre dans la description du sens, mais au bord du découragement devant un problème logistique.  AVG ne marchait plus (ne marche toujours pas et la licence était bonne jusqu’en janvier…), et sans la vielle HP, je serais bon à enfermer.

Descartes veut expliquer tous les phénomènes du monde matériel sans recourir à autre chose qu’aux semences de vérités qui sont naturellement dans nos âmes, écrit Ernest Naville (1876). Lequel (des deux) était végétarien ou végétal, métaphysicien et métaphoriste ?

Saint Thomas d’Aquin pensait que les anges n’ont pas besoin de raisonner pour parvenir à la connaissance des vérités, parce qu’ils les voient tout d’un coup en elles-mêmes. - AMJMG (1884), c’est pourquoi Descartes est bon à canoniser, comme ils partagent (le saint et lui) cette immédiateté de l’intuition avec les chérubins.  Moi, je préfère mes chiens ;  ils aboient sans doute un peu trop, mais comme on construit sur le terrain d’en face, je partage leur énervement.  À la prochaine, Eugène.  schnauzer.

De quoi tartiner (27)

1 octobre 2009

Selon le dogmatisme, dit Émile Boutroux (1895), les lois mécaniques sont, comme telles, inhérentes aux choses prises en soi, indépendamment de l’esprit qui les considère. Descartes professe ce mécanisme métaphysique :  la matière et le mouvement, ramenés eux-mêmes à l’étendue [l'espace], sont pour lui toute l’essence des choses autres que l’esprit, et ainsi les lois mécaniques existent comme telles dans la nature.

Lorsque Descartes admettait que dans l’univers entier la quantité de mouvement est constante, il ne présentait pas cette proposition comme un résultat scientifique, selon Gaston Milhaud (1898) :  Il faisait reposer cette permanence sur l’immutabilité divine.  (Voir Metz, plus bas.)

Descartes admet que, dans la nature, la quantité de mouvement reste constante, mais que l’âme peut changer la direction du mouvement, précise Émile Boutroux (1895) pour qui l’âme est un donné, ainsi que pour Boirac (1891) qui explique que la conscience est la connaissance immédiate que l’âme a d’elle-même, de ses états, de ses opérations.

« Il est pour l’homme jeté sur la terre trois moyens généraux de connaître.  D’abord l’intuition immédiate des vérités qui se présentent d’elles-mêmes et s’acquièrent sans méditation ;  puis l’usage et l’expérience des sens.  Voilà pour les deux faces de nous-mêmes ;  puis viennent en tant que nous sommes en société, la conversation et la lecture. » Descartes (Préface des Principes), cité par Charles Renouvier (1842).

Descartes, reprend André Metz (1934) qui donne la citation exacte, a donné du principe d’inertie une démonstration a priori. Sa « première loi de la nature », énoncée ainsi : « Que chaque chose demeure en l’état qu’elle est pendant que rien ne la change », est déduite de ce que « Dieu n’est point sujet à changer et qu’il agit toujours de même sorte ».

Pour Goblot (1918), sans doute Descartes a-t-il distingué son doute « méthodique » de celui des sceptiques, « qui ne doutent que pour douter et affectent d’être toujours irrésolus ». Mais il n’en est pas humble pour autant ou son humilité est distincte de celle des sceptiques.

« Je pense qu’on doit reconnaître que j’ai prouvé par démonstration mathématique toutes les choses que j’ai écrites, au moins les plus générales. » René Descartes, cité par Ernest Naville (1880)

« Il n’est aucun phénomène en la nature dont l’explication ait été omise de ce traité. » Descartes.

Je ne pourrai pas en dire autant de mon « opus terminus » (sic), même si je viens de mettre fin au tri général.  Le dernier fichier est vidé et effacé. Il me reste à trier les fichiers sur les opérations, pour distinguer la part de la perception et de la pensée (pour voir plus clair, car je ne suis pas Descartes, pas de métempsycose pour moi, n’ayant pas d’âme).  J’ai déjà distingué un fichier « loi » de celui des principes (questions de méthode) et il faudra sans doute faire un sous-fichier « science » dérivé de celui que j’ai nommé croyance et qui regroupe trop de choses diverses, notamment de simples « opinions » (selon moi).

Il me reste de quoi faire un autre topo sur Descartes et on passera à Bergson. À suivre, donc. schnauzer.