Archives de août, 2009

Un jour à la fois (3)

31 août 2009

NOTE relative au « décor » choisi pour ce blog… ce sont les couleurs qui m’ont attiré, d’abord, puis je me suis rendu compte qu’il y a là des pilules.  Bof! C’est une image de mon existence, pilules matin, midi et soir. Et je ne vais pas voir le médecin parce que je ne veux pas qu’il me dise que ma thyréotoxicose est de retour, ce dont je me doute, en raison de la proportion des lamartinismes, omissions et autres fautes d’attention.

Un mot à la fois, plutôt, sans garantie qu’il ait un sens.

Il reste sept auteurs dans ma liste de lecture, que j’ai mise dans un dossier intitulé A VOIR, en raison du fait qu’il s’agit d’articles et d’ouvrages en format pdf.  La plupart ont été trouvés sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale (de France), certains grâce aux éditions Vigdor (je recommande la consultation de leur catalogue) ou bien Google Books (mais jusqu’à présent, les ouvrages téléchargés de Google ne se prêtent pas au « copier-coller » pour les notes.  Sur Gallica, la vignette comporte un petit a qui identifie les pdf copiables.  Sauf vertige de la page blanche, je n’irai pas fourrer mon museau dans le dossier marqué ANTICHAMBRE, où se trouvent ceux qui sont en quarantaine (souvent avec raison).

Du boulot en perspective.

À la fin de mes lectures, je me trouverai en face d’un dilemme (ou plus simplement d’un problème):  comment procéder ?  J’aurai plus de dix pages de notes (100 ko environ par page) et un plan et le gros-oeuvre (qui a déjà fait l’objet d’un réagencement), que je donne comme repère:  1- prolégomènes; 2-principes (là, il y a pas mal de travail à faire, car c’est une décision tardive qui m’a poussé à intégrer une révision des principes de la thèse d’État de 87). 3- sens et signification (retouches, légers remaniements - rien dans mes lectures archéologiques ne motive un changement de terminologie); 4- inférence (sans doute intégrer l’historique du virage logistique et l’apparition de l’implication comme symbole au lieu du premier symbole algébrique qui était le signe d’égalité d’après Tannery) 5- opérations cognitives (insérer l’historique logico-philosophique du XIXe s.); 6- modèles et outils (comme il s’agit des mieux, peu de choses à changer); 7- règle et relations (la remarque est la même); 8- règle et conditions (idem); 9- organisation cognitive (psychologie: faire état des diverses solutions idées/images/état de conscience/schème, etc., considérations sur la pensée eheh); 10- signification: croyances et jugements (la partie jugement peut intégrer pas mal de notes de logiciens ou de théorie de la connaissance); 11- doxa, axiologie, idéologie (comme il s’agit des modalités de la signification dans le modèle, ajouter de-ci de-là, probablement réaménagement quelque chose pour la référence, dont les psychologues parlent peu entre 1850 et 1930; 12- l’hypothèse Gamma s’enrichira des considérations sur la croyance et le savoir, des théoriciens de la connaissance, de des épistémologues; 13- Le supplément contre Saussure vise surtout son rejet de la synonymie au nom du jeu d’échec où les pièces n’ont pas la même valeur, sauf dans le camp adverse.  Devrait s’appuyer sur Boissière et Lafaye (que j’ai téléchargés in extenso).  Le Saussurisme repose sur la différence tandis que la sémantique opératoire (j’aimerais pouvoir dire opérative, comme en italien) repose sur l’intersection, qui est un jalon vers l’identité.

Il est cependant entendu qu’une sémantique de la compréhension ne peut pas admettre l’identité au sens mathématiquo-logique, quoique l’égalité grammaticale existe.  Deux occurrences d’une même forme n’ont pas nécessairement le même sens; n’est pas admis non plus le mythe d’une forme/un sens. La monosémie comme thèse centrale n’est qu’un cri de ralliement d’une école psychologiste, apparentée aux prototypistes. On peut, dans ces cas-là, parler de maux du sens.

Aujourd’hui la lecture de Naville (Ernest) consistait en un article extrait de son ouvrage déjà lu, avec quelques variantes ou oublis de ma part.  Ensuite je suis tombé sur un article de Egger (60 p.) en pdf image [impossible donc de copier-coller pour la prise de note], et, en mal de patience, je l’ai envoyé en queue de liste.  Le prochain est d’un philosophe belge (Delbœuf) qui s’était mis en 1876 dans l’idée de construire une logique symbolique (100 p.).  On verra.  [à suivre]  schnauzer.

Modèle et règle - la simplicité (2)

30 août 2009

Je ne peux pas promettre de me manifester tous les jours (ni toutes les nuits, selon le fuseau horaire).  Aujourd’hui la récolte a été maigre.  Pas de révélation qui me bouleversera.  J’ai pris connaissance de trois articles, de trois auteurs différents, dont un drôle de corps.  Naturellement, il est difficile de lire nos prédécesseurs en toute sérénité (c’est un sentiment que je connais mal, de toute façon).

Mais ce philosophe du XIXe siècle devait être un métaphysicien.  N’empêche, j’ai pris note de certains passages, moins par intérêt intellectuel que par curiosité idem.  Si ces notes ne finissent pas dans le grand vide magnétique, elles serviront d’exemples de phrases difficiles à saisir.

C’est un peu prétentieux d’avoir parlé d’une sémantique différente, car la sémantique est un champ d’études et non la propriété de l’un ou de l’autre.  Ce que je voulais dire, c’est que dès le début je m’écartais des versions officielles de la sémantique (générative, analyse sémique, etc.).  La rupture s’est tout de même faite de façon trop franche en 1987.

C’est aussi la période qui marque le début de ma maladie (la plus préoccupante).  Néanmoins, avec le temps, après avoir produit quelques volumes (inédits, rassurez-vous) de logorrhée nombrilique, je me suis remis à l’étude du sens.  Le site auquel je renvoyais dans la livraison précédente n’est qu’un reflet expurgé de mes efforts des années 90.  L’Essai de sémantique qui y figure est un condensé des trois ouvrages d’environ trois cent pages que j’avais rédigés.  Le Traité des opérateurs sémiotiques y est réduit à sa plus simple expression, comme le montre la page de navigation.

Dans ma dernière entreprise, qui s’intitule « de l’inférence sémantique », et dont il n’existe en ce moment que le gros-oeuvre et les notes, je fais le bref historique du modèle de reconnaissance qui sert de toile de fond.

Le principe, là comme ailleurs dans mes recherches, est celui de la simplicité.  Dans un domaine où il peu probable de jamais trouver une confirmation expérimentale, ma règle est d’éviter la spécificité excessive de même que la généralité éthérée (pour rappeler l’éther des scientifiques du XIXe s.). L’économie de moyens va de pair.  Un modèle, avec un minimum de phases, et un minimum de subdivisions.  Une règle d’inférence, avec un minimum de conditions, plutôt que de multiplier les règles par le nombre de relations ou de conditions.  De même, l’incidence grammaticale (l’ordre des mots) est réduite à sa plus simple expression, sous la forme d’un emprunt à celui qui a dirigé mes deux thèses, Bernard Pottier, le module verbal.  Ce module intervient comme condition et n’a jamais l’autonomie d’une règle.  Dans l’état où est l’inférence sémantique (une dizaine de pages web de moins de 100 kb) on a une sorte de résumé de mes idées et même une incursion dans une sphère où je me sens étranger, celle des attitudes propositionnelles, avec ce que j’appelle l’hypothèse Gamma.

Il est remarquable que mes lectures de ces derniers mois ne m’aient pas poussé à modifier tel ou tel aspect du modèle ou de la règle.  Je ne dis pas que je n’ai pas fait d’intéressantes découvertes, mais elles sont rares, comme celles de Frédéric Paulhan (dont je connaissais le fils écrivain, Jean) et de Revault d’Allonnes.  J’ai également eu le plaisir de retrouver Henri Delacroix, après quarante ans.

La seule innovation d’importance dans ma réflexion est en fait une lacune comblée.  Bien qu’à des fins d’analyse j’utilise un outil dérivé d’une autre idée de Pottier (le sémiogramme), que j’ai enrichi d’autres relations sémantiques (à ne pas confondre avec les catégories aristotéliciennes ou kantiennes), pour rendre compte des rapports des unités lexicales entre elles, je n’avais jamais déterminé, même à titre d’hypothèse, à quoi pouvait s’apparenter l’organisation cognitive des sens et de leurs formes.

C’est grâce au petit volume de Cottez (pour le grec) et au Grand Larousse du XXe s. que j’ai finalement retenu le terme de synèse, terme défunt, qui désignait un assemblage régulier de mots.  En l’occurrence, la synèse regroupe trois termes minimum, tandis que le sémiogramme relationnel s’étend de sept à neuf relations.  On trouvera une illustration de la synèse ici même.  Le choix d’un regroupement plus limité répond bien sûr aux préoccupations dont j’ai fait état plus haut.  Le sémiogramme qu’on peut voir ici, ne se prête pas vraiment à une représentation valable dans les cas les plus généraux.  [suite au prochain numéro]

Un mot sur le titre du blog et son orientation (1)

29 août 2009

On peut lire le titre à reculons ou par commutation - les sens du mot, et même déplacer les marques grammaticales - le sens des mots.  Allusion à la polysémie d’abord, et ensuite à la synonymie tant décriée et si pratique quand ni l’une ni l’autre ne sont source de confusion.

Michel Bréal passe pour le créateur du mot de polysémie (la synonymie est bien plus ancienne, mais on ne se fiera pas à Aristote), et j’ai découvert qu’auparavant il semble qu’on ait parler d’ambiguïté (comme l’ont  fait dès 1957 les générativistes, n’ayant aucune idée de ce qu’était le sens).

Dès lors quand je dis qu’on parlait d’ambiguïté, je désigne la période contemporaine de la création lexicale de Michel Bréal, premier sémanticien français (qu’il nomme sémantiste); les Allemands, comme on le sait, avaient sémasiologues (ou -gistes) et onomasiologues (ou -gistes).  Auxquels on reviendra en temps et lieu.

Il faudra que je mette un peu d’ordre dans mes propos.  Au cours des mois d’été je me suis livré à une forme bénigne d’archéologie du savoir.  Pour des raisons méthodologiques et pécunaires, je me suis tourné vers le passé.  En effet, mes moyens ne permettent plus d’accumuler des ouvrages hors de prix pour les lire en diagonale, et la première bibliothèque universitaire est à quelque cent km d’ici, où je vis avec quatre chiens (des schnauzers, bien entendu).  Gallica et Google Books ainsi que les éditions Vigdor ont été mes béquilles bibliographiques.

Il est bon de renvoyer à mon site, ne fût-ce que pour donner un point de repère, sur www.docschnauzer.net

qui existe depuis 2003, mais a connu diverses formes et diverses fortunes.  Il y a une introduction sur la page de « navigation », mais elle n’est plus à jour.

Ce blog aura désormais cet office.  J’y publierai des bulletins de santé, car la vie que je mène comme sémanticien (sémantiste) indépendant a sans doute besoin d’éclaircissements.  Il s’est engagé entre mon dernier travail et moi une course contre la montre, dans un climat de menaces d’ordre psychologique, médical et surtout financier.

Je ne suis pas sûr d’avoir tout la sérénité nécessaire pour mener à bien cette dernière entreprise.  Le temps nous le dira, comme c’est lui qui a toujours le dernier mot.

Ma descente dans le passé avait deux objectifs avoués: découvrir le moment où le syllogisme a perdu définitivement pied pour être remplacé par la forme raccourcie qui présente le plus souvent l’aspect d’une conditionnelle-hypothétique, avec comme opérateur général l’implicateur; le deuxième portait sur ce que la psychologie naissante (ou renaissante, après son schisme d’avec la métaphysique) pouvait me fournit comme matériaux.

Je consacrerai une livraison à mes déboires en cours de route (il me reste onze articles et ouvrages à défricher), mais avant de fermer le ban cette nuit (ce matin pour la France), il me faut donner une idée de ce qui motivait des recherches qui somme toute ne sont pas évidentes quand on songe à quelqu’un qui étudie le sens ou la sémantique.

Une sémantique différente

Dès mon doctorat de 3e cycle à l’EHESS, sur le processus de lecture en 1979, les dés étaient jetés.  Je ne construirais pas de théorie sémantique statique, ni textuelle ni pragmatique ni discursive.  Il faut comprendre que l’étude du sens se fait généralement sur le lexique, et assez peu fréquemment sur les phrases (sauf en annexe de la syntaxe), et quand elle fait du discours, c’est le « free-for-all ».

Je parlerai de Beaunis (mort en 1921), un jour, car en parlant de sa myopie, il m’a ramené 60 ans en arrière. J’ai vite compris que les résidus des autres théories avaient un intérêt égal sinon plus grand que l’analyse des termes en sèmes, sémèmes et autres virtuèmes.

Je me suis posé, au cours de ma carrière universitaire éclair, une question cruciale: ces messieurs étudient le sens (ou la signification, selon les écoles), mais savent-il s’il l’on comprend ce qu’ils décrivent?  Autrement dit, y a-t-il une contrepartie cognitive (on en encore en 1985/6) de ces analyses de plus en plus fines?

Dès 80-82, je m’étais concentré sur la locution (ou la bête expression figurée, comme jeter l’éponge), puis avec l’aide d’une phonologue de l’Université de Montréal (qu’elle en soit louée) pour donner une forme scientifique à mon intuition.  Elle m’a proposé ses outils, c’est-à-dire ceux de Chomsky et Halle.  Quand est venu le moment de déposer mon doctorat d’État (dernière année, 87), j’avais bricolé avec les moyens des claviers de l’époque, une série de conventions, qui faisait état de l’attribution du sens comme d’un raisonnement,  Voilà pour ma recherche sur la logique.

Mon étude du processus de lecture m’avait légué un « modèle » de manipulation des signes sur trois phases, qui ont évolué, pas en nombre, mais en complexité.  Aujourd’hui sens-référence-signification constituent le canevas sur lequel s’exerce la dernière mouture de la règle d’inférence sémantique.  [Suite à la prochaine livraison.]